Articles

Non à la santé payante pour les étudiant.e.s !

Tous les ans, les jeunes qui s’inscrivent dans l’enseignement supérieur sont dans l’obligation de payer leur cotisation à la Sécurité sociale étudiante. À la rentrée 2017, cette cotisation s’élevait à 217 euros, soit 2 euros de plus qu’en 2016. La tendance est à l’augmentation annuelle de son montant, à l’image des frais d’inscription dans les facultés.

Ainsi une part non négligeable du budget d’un.e étudiant.e français.e est destinée à couvrir ses frais de santé durant toute l’année. Le paiement de ces sommes peuvent être exonéré par le statut d’étudiant.e boursier.e, mais ceux qui ne bénéficient pas de ce statut, au vu des revenus de leurs parents, doivent dédier une partie de leur budget à cela. Avec le logement (loyer, électricité, gaz, etc.) – pour celles et ceux qui vivent en dehors du domicile familial -, le transport, la nourriture et autres dépenses quotidiennes, les frais pour un.e étudiant.e deviennent importants, laissant peu de budget pour les sorties, activités culturelles et sportives ainsi que l’épargne pour l’avenir.

Alors que le président de la République nous nomme de « fainéants » – terme qui relève tout le mépris que la bourgeoisie a pour nous – ce sont des millions de jeunes qui doivent travailler à côté de leurs études afin de financer leur année. Travaillant dans la restauration, la vente, l’hôtellerie, la garde d’enfants, etc., ces jeunes sont dans une situation d’emploi précaire et sont souvent payés au lance-pierre, sacrifiant une bonne partie de leur temps disponible pour étudier ou se détendre.

On peut comprendre assez rapidement le fait que des frais médicaux payants a un impact sur le reste du budget des étudiant.e.s. D’autant plus que des problèmes peuvent apparaître avec le non-remboursement ou le remboursement partiel de certains soins. Si l’on prend l’exemple des lunettes, un nombre très restreint de montures est remboursé par les mutuelles étudiantes tandis qu’une bonne majorité de montures ne sont pas remboursées en totalité. Même chose avec certains types de verres correcteurs. Cela provoque une situation inacceptable où des étudiant.e.s n’ont pas les moyens de changer leurs lunettes. On peut aussi souligner le fait que certains remboursements sont tardifs, ce qui provoque une perte de temps pour faire des démarches soi-même afin de régler ces problèmes (envoi de mails et de courrier, appels et attente au téléphone, etc.).

En France, la distinction entre sécurité sociale étudiante et régime général est absurde. L’entrée à l’université change le statut de l’étudiant.e qui, autrefois affilié.e au régime de ses parents, se retrouve sur un autre régime de sécurité sociale. D’autant plus que les centres de sécurité sociale étudiante proposent des mutuelles à des prix élevés, en complément pour le remboursement des frais de santé. La faillite récente de la LMDE, qui a été reprise par l’Assurance Maladie, montre que la gestion bourgeoise de la santé, à travers la logique du profit, mène à des situations catastrophiques pour les étudiant.e.s.

Cette situation existe à cause d’un système économique et social injuste et obsolète : le système capitaliste. La tendance de ce système est à la priorité de la logique de profit par rapport à nos besoins. En d’autres termes, payer cher pour sa santé, mais aussi pour le logement, les transports, le sport, etc., est une logique inhérente au système capitaliste.

Pour garantir une santé gratuite pour la jeunesse, il nous faut donc changer de système économique et social. Alors que la bourgeoisie s’attache à dénigrer chaque jour le communisme, elle omet le fait que seuls les pays socialistes ont eu – et on toujours, notamment à Cuba – une santé gratuite et de qualité pour toutes et tous sur le long terme. Actuellement Cuba forme les meilleurs médecins au monde et est le premier pays au monde à avoir réussi à empêcher la transmission du VIH de mère à l’enfant. Le progrès scientifique n’y connaît pas la barrière du profit.

La jeunesse travailleuse et étudiante doit s’organiser afin de défendre son droit à une sécurité sociale et aux soins gratuits. Cette lutte pour l’accès à la médecine gratuite doit s’insérer dans la lutte contre le capitalisme et pour le socialisme, seul système capable de répondre aux besoins et aux aspirations de la jeunesse. C’est en luttant contre la bourgeoisie et son système économique et social criminel que nous obtiendrons de nouveaux droits sociaux et la possibilité de construire une société meilleure.