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La Relève Novembre-Décembre : édito

En septembre, le premier ministre Édouard Philippe déclarait : « Nous allons l’année prochaine augmenter, dans le budget que je présenterai, le budget des Armées de plus de 1,6 milliard (d’euros). Cet effort sera poursuivi en 2019 puis en 2020 parce que le monde dans lequel nous vivons est dangereux ». Comment justifier une telle hausse du budget de l’armée alors que pendant ce temps les budgets de l’éducation et de la santé subissent des coupes honteuses ? Baisse des APL, réduction du nombre de professeurs face à une augmentation du nombre d’élèves, conditions de travail extrêmement difficiles des infirmières et infirmiers qui sont en sous-effectif pour des demandes qui ne baissent pas : les priorités du gouvernement sont ailleurs, à la guerre.

Face à ces décisions, ce sont des millions de travailleur.ses et étudiant.es qui sont plongés dans des conditions désastreuses et qui mènent quotidiennement un combat pour survivre dans la jungle capitaliste. L’État bourgeois a des priorités belliqueuses, répondant aux nécessités économiques et financières de la bourgeoisie monopoliste. Les interventions françaises dans le monde (Syrie, Mali, Libye, etc.) sont en réalité des interventions de l’impérialisme pour protéger les intérêts des monopoles. C’est la bourgeoise, propriétaire des grands groupes industriels, commerciaux et financiers, qui dicte la politique de l’État bourgeois français. D’un côté l’impérialisme français justifie les expéditions militaires et les attaques contre les libertés démocratiques (banalisation de l’état d’urgence, mesures sécuritaires, etc.) au nom de la « lutte contre le terrorisme », mais de l’autre côté il est l’allié et le fournisseur en armes du Qatar et de l’Arabie Saoudite, dont tout le monde s’accorde à dire qu’ils sont les pourvoyeurs du « terrorisme ». Les grands discours la main sur le cœur de ceux qui gouvernent ne sauraient tromper la jeunesse : ils mentent, ils trompent pour masquer leurs intentions réelles : défendre les intérêts d’une minorité et augmenter le taux de profit.

L’augmentation du budget de l’armée traduit donc une volonté encore plus flagrante de l’impérialisme français d’imposer son influence et sa domination dans d’autres régions. L’intérêt des géants de l’industrie et de la finance est garanti mais pas celui du peuple-travailleur qui n’a aucun intérêt à ce que la France s’engage dans des interventions ou des guerres impérialistes. Ces guerres, se sont les travailleur.ses, les couches populaires, la jeunesse qui les paient. Elles accompagnent d’autre part les amputations des budgets de la santé, de l’éducation, des services publics ainsi qu’une casse sociale généralisée (loi travail, lois Macron). Elles détruisent des pays et provoquent un exode massif de populations qui ne cherchent qu’à vivre en paix, engendrant la montée du nationalisme dans les pays les accueillant. Ces guerres impérialistes sont le prétexte au renforcement de l’appareil répressif de l’État : soi-disant pour lutter efficacement contre le terrorisme, il faut supprimer des droits démocratiques, appliquer des lois liberticides et surveiller des individus potentiellement dangereux. Cela n’a pas empêché le passage à l’acte mais prouvé son efficacité pour emprisonner des syndicalistes qui défendent leurs droits !

Ce n’est pas un problème de gouvernement à changer car la politique entre Hollande et Macron est continue : c’est le système capitaliste qui, obsolète et pourrissant, est obligé de trouver une sortie de crise dans des guerres que nous ne voulons pas. Pire, il menace notre existence par le risque d’une guerre généralisée entre les États bourgeois (USA, Russie, etc.). La lutte pour la paix est nécessaire pour la jeunesse et doit être liée à la lutte pour le socialisme : renverser un système pourrissant et dangereux, afin d’assurer son avenir sans guerres impérialistes et dans des conditions de vie meilleures !