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La Relève : la mémoire nous joue des tours

Plus de 10 millions de soldats tués et 30 millions de blessés : c’est le bilan de la Première Guerre Mondiale, un des conflits les plus meurtriers de l’Histoire. Historiens et politiques descendants de ceux qui ont justifié la guerre ont aujourd’hui des difficultés à justifier cette boucherie. Entre « logique des alliances », « folie nationaliste », « protectionnisme », « rôle des monarchies et ambitions dynastiques », la bourgeoisie accumule des explications pour masquer les véritables causes de cette guerre : le capitalisme. La volonté de repartage du monde pour les parts de marché et les colonies, de sortir de la crise économique et d’éradiquer la menace des révolutionnaires en Europe ont été des motifs de la bourgeoisie pour provoquer cette boucherie.

Et c’est ce que la Compagnie Jolie Môme nous explique dans sa pièce intitulée « 14-19 : La mémoire nous joue des tours ». Cette troupe de théâtre installée à la Belle Étoile à Saint-Denis nous raconte dans sa pièce l’histoire de femmes et d’hommes dans le monde qui ont résisté à la guerre. D’une mise en scène exceptionnelle, on rencontre des personnalités importantes durant la guerre et dans le mouvement ouvrier, telles que Rosa Luxembourg, Lénine, Karl Liebknecht et Jean Jaurès. La Compagnie Jolie Môme nous retrace une histoire qui n’est pas enseignée de cette façon dans le parcours scolaire, étant donné que l’idéologie dominante est celle de la bourgeoisie, et qu’il serait absurde et contre-productif pour cette dernière d’expliquer sa responsabilité dans les guerres impérialistes d’hier et d’aujourd’hui. La pièce traite tous les sujets qu’on posé la Première Guerre Mondiale : la marche à la guerre, la faillite de la Deuxième Internationale, l’horreur des tranchées, le recrutement des troupes coloniales, le rôle des femmes dans les usines, les mutineries, la Révolution bolchevique, l’insurrection de la Ligue Spartakiste en Allemagne et la trahison de la social-démocratie allemande.

« On croit mourir pour la patrie ; on meurt pour des industriels », Anatole France

« Aussi longtemps que le capitalisme existera, aussi longtemps la guerre existera », Bertolt Brecht

 

Nous vous conseillons donc d’aller voir cette pièce et d’en parler autour de vous. Elle se joue en général de mi-novembre à fin décembre à la Belle Étoile ou en tournée. Prochaines représentations en 2018.

 

Une partie très intéressante arrivant au début de la pièce est le partage du monde par les impérialistes. La mise en scène est très intéressante. On y retrouve la Grande-Bretagne, la France, les États-Unis, l’Allemagne, le Japon et la Russie tsariste. Les représentants de ces États joue aux cartes qui contiennent des parties du monde (Togo, Canal de Panama, etc.) ou des actions à mener (hausse des crédits de guerre, durée du service militaire, etc.). La scène résume très bien la marche à la guerre en passant par des étapes historiques comme la crise à Fachoda entre les Anglais et les Français (1898), la crise à Agadir ou encore l’assassinat de l’archiduc d’Autriche-Hongrie. Au milieu des impérialistes se trouve Goldie la Finance, représentant le capitalisme et mise en scène comme un banquier au poker.

 

www.cie-joliemome.org