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Qu’est-ce qu’une classe sociale ?

Une classe sociale est déterminée par sa position dans le régime de propriété des moyens de production et dans les rapports de production qui en découlent. Chaque système économique et social a un régime particulier de propriété des moyens de production. Aujourd’hui, nous vivons sous le régime capitaliste, c’est-à-dire un régime de propriété privée. La propriété est dite « privée » dans le sens où les moyens de production par un individu ou un petit groupe d’individus. Cette propriété des moyens de production concerne les usines, les entreprises, les machines, etc.

Sous le capitalisme, nous pouvons trouver deux classes sociales majeures : la bourgeoisie et le prolétariat. La bourgeoisie est la classe des propriétaires des moyens de production, tandis que le prolétariat est la classe des dépossédés, la classe qui ne possède que sa force de travail à vendre aux bourgeois.

Ainsi, un rapport hiérarchique et inégal existe entre les classes. Le travail salarié, c’est un travail où le prolétaire est dans un rapport de subordination et inférieur dans la hiérarchie. L’illusion réformiste et bourgeoise d’un rapport contractuel et équitable dans le domaine du travail ne correspond pas à la réalité. De même, l’idée qu’il existe des intérêts communs entre patrons et travailleurs n’est qu’une illusion. Il n’y a pas d’intérêts communs car la conciliation entre les classes est impossible : une classe tend à monopoliser la richesse, à tout faire pour écraser ses concurrents et augmenter ses profits, tandis que l’autre classe veut améliorer ses conditions de vie, notamment par une augmentation de son salaire.

La question des classes sociales et de leur irréconciliabilité entre elles nous mène à la question de l’exploitation capitaliste. L’exploitation c’est le fait que les capitalistes rémunèrent les salariés uniquement à hauteur de ce dont ils ont besoin pour reconstituer leur force de travail (alimentation, habitation, etc.). Les capitalistes imposent par le travail salarié une partie de travail qui n’est pas rémunérée, permettant alors d’accroître leur capital : c’est ce qu’on appelle la survaleur. Les capitalistes auront donc tendance à vouloir rémunérer le moins possible les travailleurs et travailleuses afin d’accroître la survaleur et donc leurs profits. L’exploitation est au cœur de l’analyse marxiste des conflits sociaux et de la lutte des classes.

Les classes sociales n’ont pas vocation à rester statiques. Ce n’est pas parce qu’une réalité de classe existe qu’elle existera pour toujours. Dans l’histoire, plusieurs classes se sont affrontées et succédées (classe des esclavagistes, classe des propriétaires terriens, bourgeoisie, prolétariat). Aujourd’hui, c’est le prolétariat qui doit succéder à la bourgeoisie. Pour cela, les prolétaires doivent prendre conscience de leur appartenance de classe et donc du rôle historique qu’ils ont à accomplir. C’est le passage de la classe en soi à la classe pour soi. La classe en soi, c’est l’idée qu’une classe existe de manière objective et lutte pour défendre ses intérêts via les syndicats et autres organisations (associations, etc.). La classe pour soi, c’est le processus de prise de conscience (subjectif et collectif) qu’une classe existe et qu’elle a un rôle historique et politique à accomplir : s’organiser en Parti Communiste, lier les luttes quotidiennes à la lutte pour renverser le système capitaliste et construire le système socialiste-communiste.

Sous le capitalisme, la tendance est à la conservation de l’existence des classes sociales. Sous le socialisme-communisme, la société aura pour objectif l’abolition des classes sociales et donc des inégalités et oppressions qui en découlent.