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Coupe du monde 2018, football business

La coupe du monde de football bat son plein en Russie. Cet événement sportif international, le plus important avec les Jeux Olympiques, est suivi tous les quatre ans par des centaines de millions de personnes à travers le monde. Dans les coulisses, ce sont de grands monopoles qui font un profit monstrueux sur le dos des téléspectateurs et des supporters.

Dans le système capitaliste, le football, est devenu une grande industrie du spectacle qui rapporte beaucoup d’argent. Il révèle par là plusieurs aspects, dont le fait que les États sont au service total des monopoles capitalistes. Ainsi, les pays organisateurs dépensent des sommes colossales pour mettre en place et tenir la coupe du monde. La Russie aurait ainsi dépensé près de 10 milliards d’euros pour cette coupe, alors que le pays connaît de graves difficultés économiques et sociaux. Un élément symbolique de l’instrumentalisation des événements sportifs par le capital: le jour du match d’ouverture et de la victoire de l’équipe de la Russie, l’âge de départ à la retraite, dernier acquis social qui restait de l’époque soviétique dans ce pays, a été repoussé de 60 à 65 ans pour les hommes et de 55 à 63 ans pour les femmes. L’État russe n’est donc pas une exception et comme tous les autres États du monde, il se trouve au service des monopoles et de grands groupes capitalistes.

Les événements sportifs et de spectacle de cette envergure ont donc aussi un objectif particulier qui est celui de détourner les masses des vrais problèmes qui les touchent directement. De plus, le sport étant devenu une marchandise et donc un business, les sommes qui sont investies notamment dans le football servent aux monopoles à se faire de la publicité mais aussi à réaliser des profits. De nombreuses sociétés et de nombreux milliardaires ou millionnaires sont propriétaires de clubs de football dont les produits dérivés et les transferts de joueurs rapportent beaucoup d’argent.

Les intérêts financiers sont aussi importants pour la FIFA (Fédération internationale de football) qui organise la coupe du monde. Cette structure est depuis des années secouée par des scandales touchant à la corruption et il s’avère souvent que les pays organisateurs sont ceux qui ont donné des pots de vin les plus conséquents. D’autre part, cette structure étant sponsorisée par des grandes multinationales – Coca-Cola, Adidas et Nike en tête – elle sert aussi de moyen pour ces entreprises de renforcer leur notoriété dans le monde. Des sociétés comme Adidas et Nike ont réussi à faire des joueurs comme Cristiano Ronaldo et Lionel Messi des icônes et des marques à part entière. Sans la participation de ces derniers, la coupe du monde n’aurait probablement pas le même impact financier.

Dans la lignée de la mise en avant de la personnalité au-dessus du collectif, le football business sert de leurre aux jeunes issus des couches populaires : le rêve, c’est de percer dans le monde du football ; à force d’entraînement et de persévérance, on peut arriver au succès, à toucher le ciel. Ce qui fait que plein de jeunes se concentrent complètement sur leur activité sportive dans l’espoir de devenir joueurs professionnels et riches, tandis que les efforts scolaires deviennent secondaires. Quelques uns réussissent mais la plus grande majorité échoue, ce qui devient source de désillusions et des jeunes se retrouvent marginalisés, n’ayant pas poursuivi d’études, ne pouvant pas se reconvertir professionnellement et basculant parfois dans le trafic.

Enfin, la coupe du monde et le sport en général sont forcément un reflet de la situation politique dans le monde. Alors qu’on nous répète sans cesse dans les médias bourgeois que la politique ne doit pas se mêler du sport, le contraire est prouvé à chaque fois dans les faits. Le cas le plus récent est celui de l’abandon de la société Nike de l’équipe nationale iranienne, qui participe à la coupe du monde. Juste avant le début de celle-ci, l’un des plus grands monopoles, au service desquels se trouve l’Etat américain, a décidé de rompre son contrat avec la fédération iranienne de football, alors que Nike en était l’équipementier officiel. Et pour cause, les sanctions économiques lancées par l’impérialisme américain, soutenu par les impérialistes européens, à l’encontre de l’Iran.

Ces phénomènes de marchandisation (et donc de fétichisation) du sport sont issus du système capitaliste-impérialiste. Leur prise de conscience doit se faire dans le sens du rejet des illusions que crée ce même système, et non dans le mépris des masses populaires, en particulier des jeunes qui regardent et apprécient le football ou tout autre sport sous l’emprise du capitalisme.

Taras