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Répression : le gouvernement sort l’armée et tente de semer la confusion entre les manifestants et le terrorisme

L’État bourgeois fait un pas en avant dans la répression vis à vis du mouvement populaire et renforce son caractère autoritaire dans l’application des réformes réactionnaires dans l’intérêt du grand capital et au détriment des masses laborieuses. En témoigne la nomination du nouveau préfet de police de Paris, dont l’acte public a servi au ministre de l’intérieur pour rappeler la figure de Georges Clemenceau et son rôle lors de la répression des grèves massives des premières années du 20e siècle. Et bien sûr le déploiement de l’armée dans les dispositifs répressifs pour la première fois depuis les années 40 avec l’énorme danger qu’elle représente confrontée dans la rue aux mouvements contestataires. Le gouvernement veut enlever du poids à cette affreuse décision en affirmant que leur rôle est de « soulager » les brigades policières pour qu’elles puissent se centrer sur le maintien de l’ordre et la mobilité dans la rue. Mais il n’en reste pas moins qu’on verra à partir de maintenant des patrouilles de militaires portant de l’équipement et des armes de guerre pour assurer la « sécurité publique » contre des manifestants non armées. À ce propos, les partis d’opposition bourgeoise au gouvernement se sont limités à dénoncer l’usage de ces armes contre les manifestants, laissant entendre que si l’inclusion de l’armée dans la répression serait légitime si militaires avaient un entraînement et un équipement anti-émeutes.  Mais pour les révolutionnaires il s’agit d’un renforcement de la répression, et pas par un corps quelconque, mais par l’armée elle-même, régie par des dispositifs particuliers, par la discipline martiale, par sa propre justice militaire. En somme, un corps qui permet au gouvernement une plus grande liberté répressive encore que la police. Tout renforcement de la répression dans n’importe quel domaine, avec ou sans armes de guerre, va à l’encontre des intérêts du peuple travailleur. Le gouvernement essaie d’effacer la différence entre un terroriste et un manifestant Cette stratégie entraîne, ou plutôt est permise par, l’instauration progressive par l’appareil idéologique de la bourgeoisie d’une confusion entre le terrorisme et les manifestations populaires. Déjà jeudi dernier Marie-Laure Harel, élue LREM de Paris, affirmait sans le moindre souci qu’un casseur est un terroriste. Cette confusion est instrumentalisée pour brouiller et à terme effacer la différence formelle entre les missions respectives de la police et l’armée déployée dans la mission Sentinelle pour briser physiquement tout mouvement de contestation à l’autoritarisme du gouvernement bourgeois. Benjamin Griveaux, lui, affirmait  « on a à notre disposition cette mission “Sentinelle”, assurée par des militaires et qui ont parfaitement vocation à sécuriser les lieux, comme d’ailleurs nos concitoyens ont l’habitude de le voir » en essayant d’alléger le fait que les militaires ont été déployés en 2015 non pas pour assurer la « sécurité publique » en général, mais contre des actes terroristes armés. À ce moment-là certains avions déjà dénoncé que le terrorisme servait comme alibi au gouvernement pour ouvrir la porte à la présence quotidienne de militaires dans les rues, qui pourraient participer potentiellement à la répression de manifestations populaires. Ce méprisable effacement des limites entre les définitions des terroristes et des manifestants (casseurs ou non) est très utile au gouvernement et à la bourgeoisie qu’il sert. Le rapprochement entre le terrorisme et la contestation sert aujourd’hui comme leitmotiv de l’inclusion de l’armée dans la répression, et il servira demain pour justifier l’interdiction des mouvements contestataires et l’endurcissement des peines contre les militants mobilisés. Bonne preuve du caractère de classe de l’État, sa loi et ses corps répressifs, qu’ils dépendent du Ministère de l’Intérieur ou du haut commandement de l’armée. La grande bourgeoisie est déterminée à réaliser son plan de réformes à travers son gouvernement, au point de faire les plus basses comparaisons entre les manifestants et le terrorisme dans l’idéologique et d’utiliser des formations et des armes de guerre contre le peuple travailleur mobilisé. De notre côté, ne lâchons rien, mobilisons-nous, organisons l’extension des mobilisations aux entreprises vers la grève générale !