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Confinement, crise et précarité étudiante : non à leur avenir capitaliste !

Début novembre 2019, Anas, étudiant de 22 ans, s’immole par le feu devant un Crous de Lyon pour dénoncer la situation difficile que subissaient comme lui de nombreux étudiants. Cet événement, s’il n’a pas été reçu de la même manière par tout le monde, a eu le mérite de mettre l’accent sur une réalité qui existe depuis longtemps, celle d’une précarité étudiante qui se fait de plus en plus importante. Les chiffres sont clairs : 1 étudiant sur 2 est obligé de travailler en parallèle de ses études pour pouvoir financer ces dernières, tandis qu’un étudiant sur 5 vit sous le seuil de pauvreté et dans des appartements parfois insalubres. Il était donc certain que l’annonce par le gouvernement du confinement et de la fermeture de certains secteurs d’activité allait fortement affecter les plus précaires.

La question du logement est un problème pour les 40% d’étudiants qui n’ont pas pu revenir chez leurs parents. On parle là d’étudiants parfois étrangers n’ayant pas les moyens ou le droit de revenir chez eux. La question de la qualité du logement est un problème majeur puisque ces étudiantes et étudiants se retrouvent confinés dans un espace restreint et / ou insalubre. Certains logements comme à Villeneuve-d’Ascq près de Lille proposent des conditions de vie déplorables où les chambres de 9 m² sont infectées de cafards ou de punaises de lit. Les services de base ne sont pas proposés puisqu’on peut aussi y trouver des douches communes hors-service. Des cas similaires existent dans d’autres villes comme à Toulouse ou à Lyon, ce qui montre que ce phénomène n’est pas ponctuel et isolé.

La fermeture de nombreux secteurs d’activité fermés, les étudiantes et étudiants qui vivaient de ces emplois voient leurs conditions de vie s’aggraver. Si le chômage partiel permet de maintenir un peu de stabilité, celui-ci ne comprend pas l’intégralité du salaire et pour ceux recourant aux heures supplémentaires pour vivre cela fait un écart de salaire non négligeable. Sans parler des étudiants en CDD qui se sont fait licencier par milliers pendant le confinement, perdant toute source de revenus pendant l’urgence sanitaire. En outre, les aides de l’État telles que celles proposées par le Crous sont insuffisantes pour les étudiants qui n’entrent pas dans les critères et le gouvernement peut se targuer d’offrir 200 euros ponctuellement, cela ne règle pas les difficultés déjà augmentées par la baisse récente des APL.

Aussi, rester enfermé dans un logement précaire et dans une situation financière instable n’aide pas à poursuivre ses études, surtout lorsque ces dernières se poursuivent via Internet. Pour compenser la fermeture des établissements les cours se font donc sur des plateformes non adaptées au nombre de connexions journalières. Ce système, s’il permet aux étudiants ayant un accès à un Internet de qualité de continuer leurs cours, limite très sérieusement ceux n’ayant pas ou peu accès. Sans compter le fait que de nombreux étudiants qui ont des petits frères et des petites sœurs ont eu plus de difficultés à poursuivre leurs études durant le confinement. Le maintien des examens crée une situation d’inégalité importante, où de nombreux étudiants et étudiantes ne peuvent pas étudier convenablement et ont donc moins de chance d’obtenir leur année.

Si des initiatives locales existent pour soulager les étudiantes et étudiants précaires, afin de leur permettre d’avoir une vie correcte malgré l’ennui et la solitude qu’apporte une telle situation dans ces conditions, trop peu est fait de la part d’un gouvernement qui préfère aider les monopoles capitalistes et soulager les grandes fortunes.

De l’argent il y en a et ce n’est pas aux étudiantes et étudiants de payer la crise en voyant les budgets coupés dans l’enseignement, leurs aides sociales baisser et leurs conditions de vie s’aggraver.
Taxons les monopoles capitalistes ! Non à leur avenir capitaliste fait de précarité et de misère !

F.F.


Sources :