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La médecine cubaine et la solidarité internationale

Alors que la pandémie de Covid-19 continue de se propager sur toute la planète, causant d’énormes souffrances et pertes en vies humaines, l’existence de deux approches différentes est confirmée. L’une insiste sur les profits au détriment de systèmes de santé solides, gratuits et de qualité, pour le bien-être et la sécurité des populations. L’autre donne la priorité aux peuples-travailleurs et leur jeunesse, à leur santé et à leur bien-être avant tout autre intérêt.

Au milieu de la pandémie de Covid-19, les travailleuses et travailleurs de différents continents ont été témoins de la solidarité et de l’internationalisme manifestés par Cuba socialiste en réponse à des appels à l’aide, envoyant des équipes médicales dans des dizaines de pays, dont des pays plus développés et plus riches que l’île caribéenne. Cette réponse humanitaire est la continuité de décennies de mise en œuvre de cette pratique désintéressée, lorsque des médecins et des infirmiers cubains sont allés aider des pays qui ont été touchés par des épidémies ou des catastrophes. L’Italie, un des pays les plus atteints par le virus, a été un des premiers pays à recevoir de l’aide de Cuba. La brigade cubaine en Italie a compris des médecins et infirmiers vétérans de la lutte contre Ebola en Afrique, ce qui montre à la fois l’expérience et tout le sérieux des Cubains en matière d’internationalisme médical.

Aujourd’hui, Cuba est l’un des derniers États socialistes dans le monde. Depuis la révolution de 1959, ce pays est soumis au blocus criminel des États-Unis. Malgré cela, l’économie socialiste a permis à Cuba de développer son système de santé. À l’époque de l’existence du bloc des États socialistes, notamment l’URSS, la coopération entre ces pays dans de nombreux domaines avait contribué au développement de Cuba et notamment celui de la médecine. Mais suite à la contre-révolution dans la majorité de ces États, Cuba s’est retrouvé privé de cette aide et le blocus américain a été d’autant plus difficile à supporter dans les années 1990. La période spéciale de ces années 1990 a été un moment difficile et éprouvant pour le peuple cubain qui a montré sa capacité à faire des sacrifices pour conserver son système socialiste et son indépendance nationale.

Malgré tout, l’économie cubaine est restée sur les bases socialistes et la priorité donnée aux besoins de la population a permis à faire du système de santé cubain l’un des meilleurs au monde jusqu’à aujourd’hui. Avec 1 médecin pour 148 habitants (source OMS) Cuba est le pays au monde le mieux pourvu dans ce secteur. De plus, dans chaque quartier, village et division territoriale, un ou plusieurs médecins portent la responsabilité de l’état de santé général de la population de leur secteur. La médecine cubaine, comme auparavant la médecine soviétique et celle des démocraties populaires, mise avant tout sur la prévention. Ainsi, chaque habitant de l’île passe obligatoirement une visite médicale générale, quelque soit son état de santé, au moins une fois par an, afin de prévenir d’éventuelles maladies. Cela justifie aussi un large développement de différents vaccins dont jouissent les Cubains. Ce système contraste énormément avec celui du système capitaliste, en voie de privatisation, où les prolétaires doivent attendre d’être malades avant de s’adresser à un spécialiste, généralement impatient d’encaisser le paiement à la fin de la consultation. La crise du Covid-19 a bien montré les limites du système de santé soumis à la logique du profit dans les pays capitalistes européens et américains notamment.

Alors que le mot «solidarité» est répété, à travers le monde, comme l’approche nécessaire pour que la planète entière affronte la pandémie, les États-Unis ont choisi d’intensifier le blocus financier, économique et commercial imposé illégalement à Cuba. En ces temps critiques, alors que l’espèce humaine est en péril, les États-Unis, en vertu de l’imposition de la clause extraterritoriale de la loi Helms-Burton, font obstacle à ce que du matériel de ventilation, des kits de test ou autres, puissent arriver ou être acquis par les autorités cubaines. Les potentielles sanctions américaines à l’égard d’entreprises qui acceptent de commercer avec Cuba sont tellement contraignantes que l’île ne peut pas se fournir en matériel médical nécessaire pour combattre l’épidémie et les maladies infectieuses en général. C’est la manifestation la plus effrayante et la plus nauséabonde d’un blocus criminel qui dure depuis plus de 60 ans.

De nombreuses organisations politiques et organisations de jeunesse, de nombreux syndicats et diverses associations à travers le monde s’opposent au blocus criminel dont souffre le peuple cubain. En France, l’association Résistance et Solidarité œuvre au développement de la solidarité auprès de ceux qui font le choix de résister aux logiques d’une mondialisation capitaliste marquée par la promotion des valeurs individualistes et de la concurrence. L’association a pour objectif l’appui matériel (éducation, santé, etc.), financier et moral auprès des populations qui initient des processus de résistance aux logiques capitalistes à l’échelle étatique, régionale ou locale, la défense des libertés démocratiques à travers ses aspects trop souvent oubliés (libertés syndicales, droit de grève, etc.), la promotion de la paix, l’amitié et la solidarité entre les peuples. Résistance et Solidarité mène une large campagne d’information sur le système de santé cubain et cherche à apporter son soutien à travers l’acheminement du matériel médical et des médicaments grâce aux dons des personnes ou des organisations qui sont solidaires avec cet État anti-impérialiste et qui s’opposent à l’injustice du blocus.

A l’échelle européenne, Medicuba-Europe a lancé une campagne pour l’acquisition de matériel médical pour aider Cuba dans sa lutte contre le Covid-19. En France, cette campagne a été relayée par l’association Résistance et Solidarité. En trois semaines de campagne, un formidable élan de solidarité a grandi de jour en jour. Au total, 28.170 euros ont été collectés grâce à la générosité de nombreux particuliers et à la contribution décisive de plusieurs organisations de la CGT, dont l’Union Départementale CGT des Bouches-du-Rhône, l’Union Départementale CGT du Val-de-Marne, l’Union Locale CGT Marseille/Saint Lazare et bien d’autres qui ont répondu à l’appel à la solidarité du secrétaire général de la Centrale des Travailleurs de Cuba.

Cette somme de 28.170 euros s’inscrit dans un projet à l’échelle de l’Europe, élaboré en partenariat avec le Ministère de la santé publique de Cuba, projet qui s’élève à 156.000euros et permettra notamment l’achat de réactifs pour les tests de dépistage du Covid-19 et de matériel de protection du personnel médical comme les masques.

L’UJC et l’ensemble de ces organisations réaffirment leur condamnation du blocus criminel et appellent à amplifier la solidarité internationaliste avec le peuple cubain. C’est une lutte commune et mondiale contre un système capitaliste-impérialiste qui montre toute son obsolescence et sa nocivité pour la vie.

Taras