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La mascarade du plan de relance de l’emploi pour les jeunes

Emmanuel Macron a annoncé un plan de relance de l’emploi pour les jeunes lors de son interview du 14 juillet. Prétendant lutter contre le chômage et la précarité de la jeunesse, le président de la République a détaillé des mesures qui sont autant d’attaques contre les jeunes et le monde du travail en général.

Ce plan, dans la droite ligne des politiques jeunesses de Rocard, consiste à exonérer plus encore de cotisations les entreprises à l’embauche. Ainsi le capital pourra bénéficier de meilleurs taux de profits, tout en sabordant un peu plus la sécurité sociale, dont le très volontaire « trou » ne fera que se creuser. Le chien, l’abattage, la rage, on connaît le principe.

Le gouvernement met également sur la table une aide à l’apprentissage par le biais de dons purs et simples de liquidités à l’embauche : 4000 euros de deniers publics pour un mineur, 8000 pour un majeur. Il est bon de rappeler en parallèle qu’un apprenti ne peut être payé au maximum dans sa troisième année qu’à 67% du SMIC s’il est majeur, et 55% s’il est mineur. Non seulement le statut de « sous-salariés » des apprentis est confirmé, mais de plus l’État propose au patronat de le soulager d’une partie de ces salaires.

De plus M. Macron annonce la nécessité de recruter plus de 100 000 « volontaires » en service civique supplémentaires, lesquels sont déjà largement mobilisés depuis quelques années pour remplacer des emplois peu qualifiés par exemple dans l’animation ou l’accueil.

Il est bon de soulever le fait que ces « volontaires » -travaillant entre 25 et 30 heures par semaine- ne reçoivent pas de salaire des entreprises où ils sont mobilisés mais une allocation d’environ 500 euros versés par l’État.

Comment ce plan entend-t-il répondre à la pauvreté et la misère des jeunes, sinon en créant des conditions de travail encore dégradées ? Non seulement le capital aura à portée de main des salariés surexploités d’autant plus rentables qu’ils n’en paieront pas la reproduction de la force de travail, ou qu’on leur offrira des fonds pour embaucher, mais de plus ces postes vont faire peser une insoutenable concurrence sur l’ensemble des salaires. Un nouveau régiment de l’armée de réserve va se constituer : comment réclamer des augmentations de salaire alors que de vastes masses coûtent deux fois moins que vous ?

Voici l’horizon de la « relance » du gouvernement des monopoles : la misère et la faim pour notre jeunesse aujourd’hui, l’écrasement de tous les travailleurs et travailleuses demain.

Manolo