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Variants et profits

La crise sanitaire n’est hélas pas prête de se résoudre. Nous apprenons que le fameux variant anglais, faisant couler beaucoup d’encre depuis quelques semaines voire des mois, a fait son entrée en France et serait même à l’origine d’un raz-de-marée d’admissions à Dunkerque. En effet, sur une soixantaine d’hospitalisés contaminés par la Covid-19, 60% serait concernés par ce variant et 100% serait une possibilité à moyen terme. Ne se caractérisant manifestement pas par des symptômes plus graves que ceux du virus « initial », ce variant semble, selon l’équipe hospitalière de Dunkerque, avoir trouvé sa particularité par une contagion accrue. Comment faire face, tandis que malgré des prises de parole volontaristes et même de fieffés mensonges sur le redressement de l’hôpital public, les suppressions de lits continuent ? De plus en plus soumis à la logique du profit, le domaine hospitalier public français se réduit progressivement à peau de chagrin et les infrastructures continuent, comme au début de la pandémie, à faire défaut, malgré l’expérience accumulée sur le sujet.

Parallèlement, un nouveau variant, quatrième en date, vient de faire son apparition selon des chercheurs de l’université écossaise d’Édimbourg et sa présence a été constatée aux États-Unis, au Danemark, au Nigeria, au Royaume-Uni et en France. Encore limité en terme de personnes infectées, ce variant a l’inquiétante particularité de résister aux vaccins, mais la bonne nouvelle réside en ce que la mutation ayant été repérée, elle pourrait être contournée. Comment cependant se réjouir de cette bonne nouvelle relative, quand Sanofi compte supprimer trois cent soixante-quatre postes prioritairement en recherche ? Que l’institut Pasteur annonce cesser la recherche sur un vaccin ? Et que dans le même temps l’incurie gouvernementale est telle qu’il refuse de communiquer sur ses capacités à vacciner la population en France ? Nous avons toute les raisons de penser qu’il n’en est pas actuellement capable, ne serait-ce que du point de vue logistique, avec la Covid-19 « classique ». N’envisageons même pas le chaos pour mettre en branle une campagne vaccinale supplémentaire pour ces variants.

Plus que la dangerosité propre du virus, plus que l’irresponsabilité prétendue de tout un chacun, ce qui nous menace réellement en période de pandémie est l’accumulation du profit des monopoles et ses conséquences destructrices sur le système de santé. Pour vivre enfin, il n’y a pas d’alternative : nationalisation sous contrôle populaire de tout le domaine hospitalier !

Manolo