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Les frappes étasuniennes en Irak renforcent les tensions inter-impérialistes au Moyen Orient

Le 25 février 2021, les Etats-Unis d’Amérique ont procédé à une frappe aérienne dans l’est de la Syrie contre des milices chiites irakiennes soutenant l’Iran, tuant ainsi au moins 17 combattants (Observatoire Syrien des Droits de l’Homme). C’est une opération militaire qui s’inscrit dans les  tensions autour du contrôle des golfes d’Oman et Persique pour la production et la distribution mondiale des hydrocarbures et de nombreuses autres matières premières. La frappe du 25 février a été présentée comme « défensive » (selon la Maison Blanche), répondant à plusieurs attaques, y compris une attaque à la roquette dans la zone verte de Bagdad (en Irak), dans laquelle sont accueillis de nombreux diplomates étrangers et des ambassades. L’attaque, qui n’a jamais été revendiquée ni par l’Iran ni par les milices irakiennes, a été attribuée par Washington aux milices irakiennes soutenues par l’Iran.

L’objectif de ces représailles : montrer que les Etats-Unis sont toujours prêts à défendre leurs intérêts illégitimes, mais qu’ils ne souhaitent pas se rendre responsables d’une éventuelle escalade entre les deux pays. Rappelons que les Etats-Unis mènent avec des alliés de l’OTAN une guerre dévastatrice dans le pays depuis 2003 sous de faux prétextes d’armes nucléaires produites par le gouvernement de Saddam Hussein, qui a provoqué de centaines de milliers de morts, et que de nombreux irakiens exigent que l’armée étasunienne quitte le pays.

La pratique militaire impérialiste est motivée par les intérêts exclusifs des monopoles du pays qui la met en marche, mais ses exactions sont toujours présentées sous de prétextes mensongers tendant à la justifier sous la couverture d’un intérêt général. Autrement, elle risque d’amorcer une prise de conscience, notamment au sein de sa propre population, de l’aspect fallacieux de ces politiques internationales chez les populations. Une telle prise de conscience a le potentiel, en fait, de marquer le début de la fin. À notre époque actuelle, et dans le cadre des actions militaires internationales, l’objectif à afficher est tout trouvé : la lutte pour la démocratie et contre le terrorisme ou plus largement contre les « groupes armés ».

Dans cette frappe aérienne du 25 février, ce n’est pas seulement l’habituelle politique internationale des Etats-Unis qu’il faut voir, mais la pratique générale de l’impérialisme et l’effort perpétuel qui tend à la justification d’actes purement motivés par les intérêts capitalistes, présentés comme des actes défensifs ou préventifs en vue de protéger la stabilité de l’Etat et de ses alliés, qui sont en fait les intérêts économiques de chacun. Intérêts ici noyés dans le terme flou des « intérêts américains » (terme repris par de nombreux organismes de presse), qui devient une idée fumeuse dans laquelle chacun serait susceptible de mettre les intérêts qui lui semblent le mieux justifier une telle action.

Névine