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Réforme de l’assurance chômage, une analyse communiste

Débuté en juillet 2019 par le gouvernement d’Édouard Philippe, la ministre du travail Elizabeth Borne reprend et continue un large projet de réforme de l’assurance chômage, censé être reporté dû aux conditions toujours plus précaires touchant les chômeurs, en raison de la crise sanitaire. Mais loin de l’abandonner, ce projet est bel et bien toujours porté, jusqu’à finalement, entrer partiellement en vigueur le premier juillet de cette année. Le front syndical quant à lui, s’oppose à cette réforme, comme le montre un récent communiqué conjoint de la CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT et FO.

Quels sont les principaux points de cette réforme, et quelle analyse marxiste en tirer ?

Tout d’abord, la continuation d’une politique de restriction des droits au chômage, passant de la nécessité de quatre mois de travail, à six désormais. Cette mesure entrerait en vigueur au plus tôt le premier octobre.

Deuxièmement, un nouveau calcul du montant de cette assurance calculé sur le montant de vos salaires les derniers 24 mois : [lus celui-ci était élevé, plus vous toucherez d’indemnité1. Précédemment, on calculait la rémunération des seuls jours travaillés sans compter les jours non travaillés Sur ce point, le processus de précarisation est très clair.

Enfin, nous pouvons noter la baisse progressive de ces indemnités au fil du temps qui sera une fois de plus accentuée : elle interviendrait au bout de huit mois dès juillet, et si la « situation s’améliore », débuterait au bout de six mois à partir d’octobre. Point soutenu par le vieux mythe de « l’incitation au travail », et du fameux chômeur transformé en « parasite social ».

En dehors de l’évidente attaque direct du gouvernement bourgeois sur les droits d’une des parties les plus précaires des travailleurs, il est important de rappeler rapidement la logique globale du capitalisme et du chômage déjà découverte par Marx : celle de la fonction d’une « armée de réserve ». Le chômage n’est pas ajustable, ou à améliorer, car il est une partie logique d’une économie capitaliste. Sans aller dans le détail, la logique en est celle-ci : plus le capitaliste produit du profit, plus il remplace du travail par du capital ( des machines rendant la production plus performante, de gros actionnaires), et donc licencie en masse, créant une partie de la population sans emplois. Mais dans le même temps, il doit contenter, canaliser cette masse de sans-emplois pouvant devenir dangereuse pour lui. Ce jeu incessant est interne au marché capitaliste.

Se battre contre cette réforme, c’est faire partie d’une lutte et l’accentuer, l’organiser au mieux, non pour défendre un « service public républicain », qui n’est que de courte durée historique sous le capitalisme, mais bien d’aboutir à la seule solution possible pour l’éradication du chômage de masse : le socialisme, et son économie planifiée.

Pour citer Karl Marx dans le tome trois du capital : « Plus la richesse sociale est grande…, plus est grande la surpopulation relative ou l’armée de réserve industrielle. Mais plus cette armée de réserve est grande par rapport à l’armée active du travail et plus massive est la surpopulation permanente, ces couches d’ouvriers dont la misère est en proportion inverse de la peine de leur travail. (…) Telle est la loi générale, absolue de l’accumulation capitaliste. »

Bross


1Pour plus de détails sur ce point : https://www.unedic.org/indemnisation/vos-questions-sur-indemnisation-assurance-chomage/comment-est-calculee-mon-allocation-chomage.