Articles

La casse industrielle post-covid se poursuit… sur le dos des jeunes

Par la pandémie de Covid-19 qui ne faiblit pas, l’avenir des jeunes continue toujours plus à en pâtir. Outre la fermeture des universités ainsi que l’accentuation du décrochage des étudiants, de l’isolement social et de l’accentuation de la précarité qui en résulte, la casse de l’emploi et du tissu économique des territoires s’intensifie au détriment des travailleurs et surtout des jeunes qui voient leur avenir professionnel toujours plus en péril.

La nouvelle crise industrielle touchant le bassin industriel de Châtellerault, avec des centaines d’emplois supprimés ou menacés dans les fleurons automobile et aéronautique, en est très révélateur. Ainsi fin 2020 Mecafi, entreprise spécialisée dans l’usinage haute précision et sous-traitant aéronautique produisant des pièces complexes de moteur d’avion équipant Boeing, Airbus et Comac avec Safran comme client, a supprimé 211 emplois sur 500 dont 97 en licenciements et 114 en départs volontaires avec des reconversions à la clé. Présentée auparavant comme une belle réussite de ce bassin industriel de 40.000 habitants, Mecafi n’a pas résisté aux turbulences amenées par la pandémie de Covid-19. Pour les Fonderies du Poitou, une usine construite par Renault en 1980, la moitié des 600 postes doivent être supprimés avec la disparition au 11 juin de l’usine Liberty Fonderie Poitou, dont les carters diesel ne trouvent plus preneurs. La région a déjà affronté des crises majeures comme la fermeture de la manufacture d’armes en 1968 puis la crise mondiale de 2008-2009 avec notamment l’épisode des « bonbonnes de gaz » que des salariés de l’usine New Fabris alors en liquidation judiciaire menaçaient de faire sauter s’ils n’obtenaient pas de prime. Si officiellement le taux de chômage reste autour de 8%, cette stabilité trompeuse est liée au recours massif au chômage partiel. De plus l’industrie, employant près d’un salarié sur deux (42%) dans le 86.

Pendant ce temps les monopoles gavent les actionnaires, comme Renault qui a dévoilé sa feuille de route jusqu’en 2025 pour affronter la « révolution de l’automobile » avec les véhicules électriques tout en dévoilant quelque 15 000 suppressions de postes dans le monde et un plan d’économies d’un total de 2,5 milliards d’euros d’ici 2023 et 3 milliards d’ici à 2025. Avec cette gestion catastrophique de la pandémie, l’accentuation de la casse industrielle et des emplois, l’accroissement de la précarité et du chômage notamment chez les jeunes et l’intensification du parasitisme social de la poignée de possédants, le capitalisme révèle qu’il n’est pas la solution mais aussi le problème et que celui-ci doit être révolutionnairement renversé par les travailleurs. Unis avec ces derniers, les jeunes doivent avancer les mots d’ordre de « non à la casse de l’outil de production », de « non à la casse industrielle », de « non à la casse des emplois » et de « non au marasme industriel et professionnel » pour faire reculer la politique réactionnaire imposée par les monopoles capitalistes.

Vicken