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Haïti : entre catastrophes naturelles et chaos politique

Le 14 août 2021, Haïti était frappé par un séisme de magnitude 7,2, laissant derrière lui des dégâts matériels sévères et, à l’heure où est rédigé cet article, près de 1 400 morts et 6 000 blessés sont comptés.

Haïti est un pays souvent frappé par des séismes : avant celui du 14 août, les deux derniers dataient du 6 octobre 2018 et du 12 janvier 2010. Le second est d’ailleurs très connu pour ses conséquences : des dégâts matériels colossaux, entre 100 000 et 300 000 morts et autant de blessés.

Mais le plus triste ne réside pas seulement dans les dégâts causés directement par ces séismes : il réside également dans le chaos politique et économique que les séismes contribuent à révéler et à accentuer.

Haïti possède en effet un lourd passé, marqué par la colonisation espagnole dès 1492 puis française à partir de 1625 jusqu’en 1804, à laquelle ont succédé des efforts d’indépendance, des crises politiques, une occupation des États-Unis, coups d’État militaire, quasi-monarchie, république défaillante… Depuis des siècles, Haïti est un pays troublé, marqué par le chaos politique et économique, et par la misère de sa population.

Quelle est la situation politique aujourd’hui ? Elle n’est pas mieux qu’avant. Son dernier président, Jovenel Moïse, qui cherchait à accaparer tous les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, a été assassiné le 7 juin 2021. Le pouvoir était alors divisé entre son premier ministre, Claude Joseph, et celui qui devait lui succéder, Ariel Henry. Bien qu’il ait été soutenu par les militaires et par les États-Unis, Joseph s’est finalement retiré et a laissé Henry prendre la place de président le 19 juin 2021. Depuis lors, Ariel Henry mène une politique sans réel fond ni but, avec l’appui d’un parlement fantôme.

Et quant à la situation économique et de la population ? Elle est encore pire. Haïti pullule de gangs armés qui font leur propre loi, qui se battent entre eux pour le contrôle de facto de territoires et qui n’hésitent pas à tuer des civils. Ces mêmes gangs parviennent à se maintenir et à se développer grâce aux financements de quelques riches familles bourgeoises et leurs pantins politiques, qui utilisent ces gangs pour y maintenir le chaos, la misère et la désorganisation, desquels ils profitent pour écraser le peuple haïtien et maintenir leur influence et positions politiques et économiques.

 

Des membres d’un gang haïtien

Puis est donc venu le dernier séisme, accentuant encore plus la misère du peuple haïtien. Les hôpitaux sont surchargés et la “communauté internationale” peine à envoyer de l’aide. Seule Cuba, que cette même “communauté internationale” fait passer pour un monstre, vient en aide aux haïtiens ; elle disposait déjà de milliers de médecins et autres soignants qui formaient gratuitement les soignants locaux et venaient renforcer leurs rangs. Les soignants cubains sur place viennent maintenant en aide aux victimes du séisme, et Cuba compte en envoyer d’autres.

Des soignantes cubaines venant en aide aux victimes du séisme

Avec tout ça, quelle solution pour Haïti ? Pour les impérialistes, ce sont les suivantes : laisser faire, ou envahir le pays pour exploiter ses richesses et sa population, comme cela a déjà été le cas par le passé. Pour le moment, et pour des raisons sûrement politiques et géopolitiques, la première est celle qui est retenue. Pour les capitalistes locaux, cela a été dit, la seule solution est de maintenir ce chaos qui leur profite.

Finalement, le cas dramatique d’Haïti ne fait que prouver une chose : le destin de l’immense majorité de l’humanité, c’est soit le socialisme, soit la barbarie.

Rox