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La place de la révolution permanente dans le socialisme scientifique

Il est communément considéré que l’une des différences principales entre les trotskistes et les socialistes scientifiques concerne l’idée de la “révolution permanente” : alors que les trotskistes l’adopteraient pleinement, les socialistes scientifiques, à l’inverse, la rejetteraient et privilégieraient le “socialisme dans un seul pays”. Or même si leurs différences sur l’idée de la révolution permanente sont bien présentes, celles-ci ne concernent pas l’adoption ou le rejet de cette théorie : les trotskistes pensent être les seuls à adopter et développer l’idée de la révolution permanente, mais pourtant les socialistes scientifiques ont été historiquement les premiers à la créer et à la développer.

De ce fait, où résident donc leurs différences concernant l’idée de révolution permanente ? Sur la conception qu’ils ont de celle-ci.

En effet, de l’idée de révolution permanente des trotskistes découlent quatre points principaux :

– il est impossible pour les États socialistes de faire face seuls aux États capitalistes,

– il est impossible pour les États socialistes de construire seuls leur économie,

– de ces faits, la révolution prolétarienne doit rapidement s’étendre et triompher dans le monde entier,

– ainsi, il est impossible pour le socialisme de se construire dans un ou quelques pays définis.

Or, bien qu’également partisans de la révolution permanente, les socialistes scientifiques rejettent catégoriquement tous ces points.

Pourquoi ? Car ils sont absolument tous faux, et qui plus est réactionnaires.

Faux, en ce que l’histoire nous montre qu’il est totalement possible pour le socialisme de se construire dans les limites d’un seul pays, et pour cet État socialiste de construire son économie et de faire face aux États capitalistes, et ce même lorsqu’au niveau mondial, la révolution prolétarienne et le socialisme connaissent des reculs. Sinon, comment aurait pu se construire l’URSS au début du XXème siècle, et comment feraient Cuba et la RPDC pour continuer, non seulement à exister, mais aussi à continuer à construire le socialisme aujourd’hui ? Mais sûrement les trotskistes rejetteront ces exemples, qualifiant ces États “d’États ouvriers dégénérés” et autres non-sens détachés de la science et des faits historiques.

Réactionnaires, en ce que l’idée de révolution permanente des trotskistes vient placer les travailleurs dans un état de léthargie et de pessimisme constant : pourquoi devrions-nous faire la révolution et construire notre État, si de toute façon nous sommes voués à échouer si tous les autres États du monde ne deviennent pas eux aussi socialistes avec nous, si finalement, sans révolution mondiale, il nous est impossible de faire face aux capitalistes et de construire notre État et son économie ? Il est flagrant que l’idée de révolution permanente des trotskistes vient décourager et démobiliser tous les travailleurs, et les force à attendre que la révolution prolétarienne surgisse dans le monde entier presque au même moment, ce qui est extrêmement improbable.

Mais ainsi, quelle est donc la conception de la révolution permanente des socialistes scientifiques ? Pour les socialistes scientifiques, la révolution doit être “permanente” dans la mesure où la révolution prolétarienne doit arriver, et finalement est vouée à arriver, dans tous les États capitalistes du monde, et elle doit être maintenue et protégée dans les États socialistes par la dictature du prolétariat. Seulement, nous comprenons également que la révolution prolétarienne ne peut pas arriver en même temps dans le monde entier, que le socialisme, au niveau mondial, connait des victoires et des défaites, des avancées et des reculs, et que de ce fait certains États socialistes vont se créer avant d’autres et devront obligatoirement construire seuls leur économie et faire face aux États restés capitalistes, et ce tout en participant, dans la mesure de leurs moyens, à l’apparition d’autres révolutions prolétariennes dans le monde.

Ainsi, seule la révolution permanente des socialistes scientifiques est réellement révolutionnaire et permanente, et qui plus est fondée sur l’histoire et la réalité concrète de l’économie, de la politique et de la géopolitique du monde. Ce que les trotskistes appellent “révolution permanente” n’a absolument rien de révolutionnaire ni de permanent : elle éloigne les travailleurs de la révolution et finalement, tout en affirmant faire l’inverse, elle empêche la révolution d’apparaître partout dans le monde tant que le capitalisme existe. À l’inverse, les socialistes scientifiques sont partisans d’une révolution permanente réellement révolutionnaire et permanente, d’une révolution prolétarienne qui doit sans cesse être un objectif pour les travailleurs de tous les États capitalistes et qui doit être constamment promue, protégée et défendue sous le socialisme par la dictature du prolétariat et l’entraide internationale des socialistes-communistes.

Les trotskistes disent être des révolutionnaires et des scientifiques au service du prolétariat, mais au fond, ils ne sont que des réactionnaires qui servent les intérêts du capitalisme. Comme tous les alliés objectifs du capitalisme, les trotskistes doivent être dénoncés et combattus. Le concept de révolution permanente doit être détaché d’eux et ramené à la science, pour servir la théorie et la pratique des travailleurs plutôt que de marcher contre eux !

Rox