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La BAC de nuit de Nancy, ce qu’est l’État bourgeois

Le 7 septembre 2021, le journal Le Monde publiait un article basé sur un rapport de l’antenne de Metz de l’IGPN. Les événements racontés concernent la BAC de nuit de Nancy, se comportant selon les témoignages d’autres policiers ayant alerté l’IGPN, comme « une meute », « une milice ».

Quels sont les faits ? Comportements racistes, signes néo-nazis, emprise démesurée par un groupe de policiers sur les décisions concernant les interventions et les autres policiers, groupe Whatsapp officieux, comme tant d’autres1, où les idées ne sont pas seulement droitières, mais fascisantes. En ce qui concerne factuellement ce que nous venons de décrire brièvement, nous renvoyons aux différents articles étayant les détails2. Ce qui nous intéresse ici, c’est la valeur de symptôme de l’État bourgeois et son appareil, que revêt ce rapport.

Tout d’abord, il est important de rappeler que ce qui forme la mentalité et l’action de la police, c’est matériellement l’appareil, et ses lois, qui les fait vivre et travailler au jour le jour. Le récent billet gratuit de train3, les modalités du contrôle d’identité, le pouvoir donné par le motif « d’outrage à agent » dans l’arrestation ou l’amende, sont autant de lois concrètes, formant peu à peu non une police qui protège les travailleurs et les masses d’une société, mais bien des « meutes », dont l’objectif premier est d’encadrer ces mêmes travailleurs, et les réprimer lorsque ceux-ci dépassent les bornes. Ce sont bien les lois, et surtout le fonctionnement matériel d’un État, qui transforment les mentalités et façons d’agir d’une police ou d’une armée, non la « bêtise », ou bien « l’ignorance ».

Rappelons également que nous observons l’une des techniques préférées de l’appareil de communication bourgeois : balayer toute question structurelle et globale entre les humains et leurs classes pour mettre en valeur des fictions émotionnelles abstraites. En regardant de plus près beaucoup d’articles, comme celui de Le Monde, on remarque qu’ils insistent énormément sur la façon dont ce sont d’autres policiers qui ont pu tirer la sonnette d’alarme, et que c’est bien l’IGPN avec leur aide qui a pu réglé ce problème. En clair, le retour de la fable du « bon et du méchant flic ».

Mais y a-t-il un témoignage des « bicots », (ce sont leurs termes4), que se vantent d’avoir arrêté, harcelé, et humilié cette meute de la BAC ? Y a-t-il des récits de ce qui se déroulait dans les gardes à vues, les contrôles dont ont étaient victimes les travailleurs Nancéiens ? Aucun, car en France, nous avons la chance d’avoir une police aux « valeurs républicaines », capable même lorsqu’il y a des « dérapages », de les régler.

Ces deux points nous permettent de rappeler un des points essentiels du Marxisme-Léninisme : la théorie de l’État, celui-ci étant toujours l’appareil matériel permettant l’oppression d’une classe par une autre.

Il ne faut donc ni s’illusionner sur ce qu’il est et comment le changer, et il faut donc finalement en prendre le contrôle par la révolution. Cela afin de créer, enfin, par une organisation matérielle d’un nouveau type d’État, l’État socialiste, une police ou encore une armée, dont la tâche est d’empêcher que les exploiteurs et leurs agents puissent reprendre le contrôle de cet appareil.

Bross


1Voir par exemple ce podcast d’Arte , où sont diffusés des vocaux Whatsapp de policiers révélés il y a un an : https://www.youtube.com/watch?v=HDrvPpxR_1g

3https://www.leparisien.fr/politique/billets-de-train-gratuits-pour-les-policiers-telescopage-entre-linterieur-et-les-transports-04-09-2021-VB4SQETNU5CIBIZAEDAPENNL4E.php : Article ou l’on voit clairement le rapport disproportionné au regard de la loi entre policiers et travailleurs.