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Renforcement de la présence israélienne en Cisjordanie : la colonisation avance, la communauté internationale ne bouge pas

Le 24 octobre 2021, Israël annonçait le projet de construction de 1355 nouveaux logements en Cisjordanie occupée à l’usage de ses colons, venant s’ajouter aux quelques 2000 logements dont la construction a été annoncée en août de la même année. Ces logements doivent être construits dans pas moins de sept colonies juives en Palestine.

S’inscrivant dans la continuité de la politique de colonisation des gouvernements israéliens successifs depuis 1967, le gouvernement de Naftali Bennett fait ici preuve de sa volonté de rester dans la droite ligne tracée par ses prédécesseurs. Le nouveau premier ministre d’Israël, en poste depuis le 13 juin 2021, n’a rien à envier à son prédécesseur B. Netanyahou concernant sa position quant au devenir de la Palestine. Prenant position de longue date pour une pratique intensive des annexions et de la colonisation, partisan d’une discrimination entre les citoyens israéliens juifs et non juifs à travers la législation, le dirigeant du parti nationaliste Yamina fait de la destruction de la Palestine une de ses priorités.

Ce qui est présenté comme une « vision sioniste » de la politique israélienne ne se limite pourtant pas qu’à l’idée, inacceptable par sa nature même, que la Palestine reviendrait de droit au peuple juif. Dans le gouvernement de N.Bennett, comme dans celui de B. Netanyahou avant lui, cette politique s’adosse à un nationalisme raciste et à une culture de la persécution du peuple palestinien dans son intégrité physique, spirituelle et culturelle.

Les alliances puissantes d’Israël suffisent pourtant à la laisser agir en toute impunité. Malgré la dénonciation des 1355 nouveaux logements par les États-Unis le 26 octobre 2021, Israël peut toujours compter sur leur alliance avec ces derniers. En effet, les États-Unis n’ont pas dénoncé la politique des 2000 logements annoncés au mois d’août ni sa politique colonisatrice globale. Ainsi, il reste possible pour l’État d’Israël de violer le droit international dans nombre de ses dimensions (respect de la dignité humaine, interdiction des crimes de guerre…) sans en subir aucune conséquence.

Bien au contraire, ces dernières années, Israël est parvenu à normaliser ses relations avec de nombreux États arabes (Soudan, Bahreïn, Maroc, Émirats Arabes Unis) eux-mêmes proches des États-Unis, et ce malgré le caractère ouvertement islamophobe de ses interventions en Palestine. Seuls certains États musulmans (Iran, Algérie) mis en marge par la « communauté internationale » (qui comprend en fait exclusivement les grandes puissances occidentales, dont les États-Unis) ont élevé la voix contre cette légitimation des actions d’Israël envers le peuple palestinien.

L’occupation de la Palestine par Israël est ainsi appelée à se perpétuer et à s’étendre, à mesure que les ambitions de l’État hébreux deviennent plus importantes et que l’isolement de la Palestine s’entérine. La complicité de la communauté internationale est totale, car elle permet à Israël d’atteindre ses objectifs par la protection qu’elle lui offre et par sa duplicité.

Les intérêts qu’elle trouve dans son alliance avec Israël, qui lui permet d’établir une sphère d’influence au Proche-Orient et de détruire la Palestine dont la culture et le modèle irritent ses ambitions hégémoniques, prime sans conteste sur le devenir du peuple palestinien lui-même. La situation actuelle de la Palestine est révélatrice des nombreux facteurs qui rendent la paix irréalisable tant que les intérêts de la politique bourgeoise, fondamentalement économiques, primeront sur l’intérêt des peuples.

Nevine