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Pas une voix pour le second tour : organisons notre colère !

Les résultats du premier tour des élections présidentielles témoignent d’une fracture politique grandissante en France. L’abstention a augmenté de 4 % depuis 2017, il atteint 40 % chez les moins de 34 ans. Cela montre que la colère monte dans le pays et que la confiance envers ces élections diminue au fil des années. Plus encore, ce phénomène montre que la légitimité de la démocratie bourgeoise est contestée par un quart de la population votante, en considérant le fait qu’environ 30 % à 40 % des travailleurs et travailleuses sont interdits de vote (étrangers sans droit de vote, pauvres non inscrits pour cause d’illettrisme, d’obstacles administratifs et d’absence de domicile fixe). Les candidats au second tour ne représentent donc qu’une minorité de votants.

Considérant 5 ans de casse du service public, de liquidation des droits sociaux, d’accentuation de l’exploitation capitaliste, du chômage et de la précarité, de violences policières, de destruction de l’environnement, d’autoritarisme et de mépris assumé envers les travailleurs sous le règne Macron, ce dernier est porté au second tour face à Marine le Pen (20 % et 17 % des inscrits). Les monopoles capitalistes (Total, Dassault, Bolloré, etc.) se réjouissent encore une fois de ce duel du « bloc bourgeois », avec des programmes toujours plus à droite et qui veulent faire payer la crise capitaliste aux travailleurs et aux travailleuses.

Le duel Macron / Le Pen au second tour est une fausse opposition entre les « pro-système » et les « anti-système », entre les « progressistes » et les « fascistes » ou les « racistes », entre les « centristes » et les « extrémistes ». Nombre sont ceux et celles qui appellent à faire un « barrage républicain » et qui sont effrayés de la possibilité d’avoir Marine Le Pen au pouvoir au vu d’une réserve de voix plus grande qu’en 2017. Mais cette opposition est fausse dans la mesure où ces deux candidats représentent le système capitaliste et prévoient chacun de détruire les restes de conquêtes sociales, mais aussi parce que Macron a appliqué en place pendant 5 années une politique d’extrême-droite. On rappellera ici sa politique migratoire, la plus stricte d’Europe et condamnée plusieurs fois par les institutions bourgeoises (c’est dire!) et des ONG. La fascisation s’est renforcée sous Macron : le fascisme n’est pas le contraire de la démocratie bourgeoise, mais son évolution par temps de crise !

La Ve République, c’est la dictature des monopoles capitalistes : ces derniers imposent leur loi et la destruction de nos vies, sans prendre en compte nos besoins réels et concrets. Cette question de fond ne changera pas peu importe le ou la candidate élu ou élue lors de ce second tour. L’appel à faire barrage est en réalité rechercher une « Unité nationale » derrière la politique des monopoles capitalistes contre le peuple-travailleur.

La crise capitaliste se poursuit et va s’aggraver. Face à Macron ou face à Le Pen, nous devons renforcer le mouvement social et préparer la contre-offensive !

Pas une voix pour le second tour : abstention ou vote blanc !

Relève la tête et organise ta colère ! Rejoins le combat de classe !

L’Union de la Jeunesse Communiste (UJC), le mardi 12 avril 2022