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Urgences saturées et vies en danger : la dégradation organisée du service public de la santé continue

Le gouvernement ne semble pas avoir tiré les leçons de la pandémie de Covid-19, et aujourd’hui, les répercussions de la politique multidécanale de casse du service public de la santé et de l’hôpital public frappent de plein fouet les urgences, et les travailleurs et travailleuses sont, comme toujours, les principales victimes.

Les services d’urgence sont en effet en tension dans toute la France, d’abord à cause de la pénurie de moyens humains, puis ensuite à cause du manque de lits dits «  d’aval », destinés aux patients devant être hospitalisés à leur sortie des urgences, et fermés la plupart du temps en raison d’un nombre insuffisant de soignants pour s’en occuper. De plus, « un service sur cinq est en danger de fermeture cet été » selon Frédéric Adnet, chef de service des urgences de l’hôpital Avicenne à Bobigny. En Bretagne, le Centre hospitalier privé Saint-Grégoire a annoncé la fermeture de son service d’urgence pendant cinq jours, faute de médecins urgentistes. Manque de revalorisation des salaires, manque de reconnaissance, manque d’attractivité des métiers de la santé et du médico-social, ainsi que dégradation continue des conditions de travail et de vie des personnels soignants signent le glas d’un nombre croissant de services d’urgence. Il y aura donc encore plus de morts évitables.

Malgré l’urgence de la situation, ni Macron, ni le gouvernement, ni les autres institutions politiques ne réagissent face à l’urgence. Depuis Cherbourg, Emmanuel Macron a annoncé une « mission flash » sur les urgences, c’est-à-dire la création d’une mission d’information d’un mois, sur les questions des services d’urgences saturés, et pilotée par François Braun, chef des urgences du CHR Metz-Thionville et président de Samu-Urgences de France. Cette mission devra produire un rapport qui sera alors transmis au gouvernement. Cela démontre la volonté de la part du gouvernement et des institutions politiques et étatiques de la bourgeoisie de ne pas toucher à cette politique qui bénéficie avant tout et surtout aux exploiteurs et aux parasites, et qui est donc intimement liée au capitalisme et à son évolution.

S’il est évident qu’aucun progrès n’est possible sous le capitalisme, il est tout aussi évident que la lutte victorieuse pour la sauvegarde et le renforcement de l’hôpital public et le système de santé ne se feront pas dans les urnes et les antichambres parlementaires mais dans la rue et sur les lieux de travail et de vie, et qu’elle sera menée par tous les travailleurs et travailleuses. L’Union de la Jeunesse Communiste (UJC) se joint à cette lutte et appelle tous les jeunes travailleurs, étudiants et lycéens à faire de même.

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