Articles

La politique de l’État d’Israël : un nettoyage ethnique toujours plus violent

Publié

Enregistrée le 13 juillet 2022, une proposition de résolution soutenue par des membres du PCF, mais aussi plus largement de la coalition NUPES, provoqua un scandale qui ne semble toujours pas s’éteindre : condamner l’institutionnalisation d’un régime d’apartheid par l’État d’Israël. Qu’en est-il, et pourquoi nombre de responsables politiques de l’État français ou de ses appareils de communication médiatique sont-ils immédiatement montés aux créneaux ?

Institutionnaliser un apartheid, c’est donner une structure légale, juridique, à un traitement différencié des citoyens d’un même État selon des critères ethniques, religieux, ou qui permettent les distinguer. Les faits sont là : l’accès à l’emploi de la population arabe ou musulmane au sein des territoires israëliens est volontairement miné, Jérusalem-Est, qui n’est pas officiellement sous la juridiction d’Israël, fait l’objet de pressions policières constantes afin de déloger et déplacer les populations arabo-musulmanes y vivant. En dehors du logement et du travail, la répression policière de l’État d’Israël est là aussi juridiquement soutenue, en témoigne les actes inqualifiables d’humiliation du cortège funéraire de la journaliste Shireen Abu Akleh, tuée par les forces israéliennes1. Autant de procédures et de techniques d’isolement, d’humiliation, et de répression d’une partie déterminée de la population2.

Allons plus loin : comment qualifier les dernières actualités ? Pour n’en choisir qu’une : le mercredi 10 août, une offensive des forces israéliennes dans la vieille ville de Naplouse provoqua trois morts palestiniens, dont un enfant ; à Hébron, le même jour, un autre enfant est tué, avec en tout, 70 autres blessés de tirs à balles réelles. Le régime d’apartheid en est aussi un qui tue, et qui tue des civils et même des enfants ; une politique non pas seulement de déplacement ethnique, mais bien de terreur par la force armée : l’apartheid a pour finalité le nettoyage ethnique, quoi qu’il en coûte3.

Si l’État français s’indigne, c’est qu’il a dans ses alliés de l’Union Européenne, dans les États-Unis et dans Israël, des intérêts militaires et économiques importants, qui plus est dans les récentes explosions de conflits entre puissances impérialistes. Si cet État français est capable de s’indigner au Kosovo et de défendre les droits des civils, les populations palestiniennes n’ont pas, et n’auront jamais cette honneur. L’État français, complice et participant à cette politique, n’a aucun intérêt à la dénoncer.

En France, ce sont des collectifs comme Palestine Vaincra ou le Comité Action Palestine, pour n’en citer que deux, et qui furent menacés de dissolution, ainsi que les nombreux militants anti-impérialistes, qui au jour le jour luttent pour le boycott d’Israël et la dénonciation de ses crimes, qui se trouvent en première ligne, dans notre pays, pour défendre réellement les droits des populations palestiniennes. L’Union de la Jeunesse Communiste leur porte un soutien indéfectible, et condamne en paroles et en actes les exactions commises par l’État israélien. Ne pas soutenir la population palestinienne, c’est non seulement fermer les yeux sur la politique d’apartheid menée par l’État d’Israël, mais c’est aussi soutenir la politique impérialiste de l’État français.

Bross


1https://www.humanite.fr/monde/israel/apres-avoir-tue-une-journaliste-les-israeliens-attaquent-son-cortege-funebre-750228.

2Pour un exposé clair et concis de la réalité de l’apartheïd de l’étât Israëlien : https://www.youtube.com/watch?v=ykFzCJwYqkI.

3https://palestinevaincra.com/2022/08/israel-tue-des-combattants-palestiniens-et-des-enfants-en-cisjordanie/.