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La Relève : Loi Vidal : Sélection sociale à l’université = c’est toujours non !

Dès leur prise de fonctions, Emmanuel Macron et Édouard Philippe n’ont pas tardé à préparer et mettre en application une politique dictée par les intérêts du grand capital : ruptures conventionnelles collectives, institutionnalisation de l’état d’urgence, renforcement de l’État bourgeois et de l’impérialisme français, etc. Aujourd’hui, c’est au tour de l’université avec la loi Vidal.

Le gouvernement d’Édouard Philippe prépare un triage sur base d’attendus des dossiers des candidats pour l’accès aux licences (ce qui les rendra à terme sélectives), la casse du cadre national des droits et protections des étudiants de licence (l’arrêté licence), la mise en place d’un contrat de réussite qui supprime les bourses pour les étudiants en cas de non-respect de celui-ci et lie les étudiants à leur établissement, la mise en place d’une cotisation de 90 € par étudiant pour le financement de la médecine préventive, des activités de vie étudiante (ce qui augmentera le coût des études). La loi Vidal est aussi actuelle que la réforme du baccalauréat : le gouvernement prépare la suppression des filières générales (S, ES, L), la prise en compte des bulletins de notes de première, de terminal et le contrôle continu dans 40% de la note finale, 4 épreuves écrites de spécialités et un grand oral (60%). En conclusion : le cadre national de l’enseignement secondaire (bien entaché depuis la réforme Chatel et la loi Pécresse) est éclaté, l’inégalité et la concurrence entre les lycées sont officialisées, la sélection sociale et territoriale pour la poursuite des études dans l’enseignement supérieur (notamment à l’université) est renforcée. Les enfants de prolétaires sont les grands perdants de cette politique.

L’objectif du gouvernement s’inscrit dans la politique menée depuis longtemps par l’appareil politique du grand capital. Au lieu de dispenser tous les lycéens, étudiants, travailleuses et travailleurs, d’un enseignement riche et de qualité comme gage de réussite pour tous et d’élévation culturelle, scientifique et politique, la bourgeoisie cherche à former des travailleurs qualifiés, bon marché et dociles, dans le contexte de redéfinition de la France dans le système capitaliste international et d’augmentation des profits. Ceci constitue un terreau favorable à l’obscurantisme et à l’abrutissement de catégories de plus en plus nombreuses de lycéens, d’étudiants, de travailleuses et de travailleurs.

Les étudiants et les lycéens alliés aux travailleurs (d’abord ceux de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur) doivent s’opposer à la loi Vidal par des moyens courants (blocages, grèves, manifs…), mais aussi par l’élaboration d’un autre projet pour l’éducation nationale et l’enseignement supérieur : un système de qualité, accessible à toutes et tous, gratuit, avec des parcours riches et variés. Cela passe par 1°) Une université gratuite et de qualité, accessible à toutes et tous, de qualité, et avec tous les moyens nécessaires à sa mission ; 2°) Un statut de l’alternant le mettant à égalité avec les autres salariés, en fonction du poste occupé et de la formation préparée, et bénéficiant de conditions permettant la réussite dans le diplôme visé ; 3°) Une école publique (de la maternelle au baccalauréat) permettant la réussite et l’épanouissement de tous.

Ce projet ne peut être pleinement réalisable sur le long terme que dans le cadre d’un régime qui garantira la propriété collective des grands moyens de production et d’échange, le pouvoir politique et économique étant détenu par le peuple-travailleur et sa jeunesse.