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Service National Universel (SNU) : propagande, impérialisme, disciplinarisation de la jeunesse

Les récentes évolutions autour de la question du Service National Universel (SNU) ne présagent rien de bon pour les jeunes en France. Dans un contexte plus large, le SNU reflète une fois de plus le caractère autoritaire et réactionnaire du gouvernement Macron.

Non content des premiers essais du SNU, le gouvernement Macron emploie des jeunes influenceurs sur les réseaux sociaux (Tibo InShape, Sundy Jules, Enzo tais-toi) pour mener une propagande soft et audible chez les jeunes en France. Il en va de même pour certains sites comme Konbini, Melty, MinuteBuzz et Démotivateur, qui ont diffusé des messages promouvant le programme du gouvernement bourgeois.

De multiples sites internet se sont indignés des conditions de ce « partenariat commercial », sans en montrer les limites politiques. En effet, ce qui a provoqué une levée de boucliers, ce sont les conditions obscures autour de cette promotion faite par les influenceurs, avec un manque de transparence concernant ce partenariat. Mais ces verbiages autour de la transparence ne remettent pas en cause le SNU ni même les moyens de propagande que la bourgeoisie emploie pour mettre en place ses mesures réactionnaires. Ces partenariats ne sont pas nouveaux, puisque quelques mois plus tôt nous pouvions voir des articles et des vidéos faisant la promotion de l’Union Européenne (UE), dans un contexte des élections européennes, fortement contestées dans les couches populaires en France. À ce titre, nous pouvons citer une vidéo du youtuber pseudo-historien David Sheik, qui fit grosso modo la promotion d’une UE bienfaisante et protectrice des peuples (l’argument classique : « l’UE c’est la paix »), sans mentionner – avec un minimum d’esprit critique – le fait qu’elle profite avant tout aux monopoles capitalistes.

Nous affirmions déjà en février 2018 que le SNU est un mouvement de l’impérialisme français pour enrôler la jeunesse dès le collège. Cela dans une perspective d’une disciplinarisation et de militarisation des jeunes, sous couvert de « civisme » et de « patriotisme ». Ce qui choque donc, c’est le programme en lui-même et les moyens de propagande mis à l’œuvre pour enrôler les jeunes, afin qu’ils soient disciplinés et qu’ils acceptent la politique de la classe bourgeoise ! C’est à partir de ce constat que la question de la transparence se pose.

L’Union de la Jeunesse Communiste (UJC) rappelle que l’impérialisme français est un des plus bellicistes. Dans un contexte d’accroissement des rivalités et des contradictions entre les impérialismes (États-Unis, Russie, Royaume-Uni, etc.), la France n’hésite pas à user de nouveaux moyens pour se renforcer. Le SNU, c’est un programme qui est au service de l’impérialisme et de la bourgeoisie française. Les jeunes de la classe ouvrière n’ont rien à y gagner, comme ils n’ont rien à gagner de la politique réactionnaire du gouvernement Macron, qui tend à détruire les conquêtes sociales et à diminuer les budgets de différents secteurs (éducation, santé, logement, transports, culture, etc.). Si le gouvernement se montre disposé et bienveillant envers les jeunes, c’est pour les duper et pour qu’ils servent ses intérêts ; la matraque et les gaz lacrymogènes restent toujours à portée de main en cas de contestation.

L’UJC encourage vivement les jeunes en France à se mobiliser et à s’opposer contre la politique bourgeoise du gouvernement Macron et, plus largement, à se mobiliser pour la paix contre les impérialismes, à exiger le rapatriement des troupes françaises et des services spéciaux dans les théâtres d’opération et exiger la fermeture des bases militaires françaises à l’étranger.

Enfin, l’UJC défend fermement l’idée que les questions de la paix, de meilleures conditions de vie et de l’environnement sont liées, qu’elles ne peuvent pas être résolues dans le cadre du système capitaliste-impérialiste. Il est donc nécessaire et urgent de s’organiser pour préparer la contre-offensive, pour renverser ce système obsolète et meurtrier, et construire une société qui répondra aux besoins de la classe ouvrière et de sa jeunesse.