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Face aux attaques des monopoles capitalistes contre la classe ouvrière, l’islamophobie ne passera pas !

 

À l’occasion de la manifestation d’aujourd’hui contre l’islamophobie, cette question est au centre des débats publics depuis quelques semaines. La manifestation était convoquée en réponse à la recrudescence des événements discriminatoires des derniers jours : des prises de position aberrantes de la « Convention de la droite » fin septembre, à l’expulsion du Conseil Régional de Bourgogne-Franche Comté d’une mère portant le foulard en sortie scolaire, ces événements se multiplient et sont portés par le courant bourgeois de l’extrême-droite sous le regard complice du gouvernement, qui laisse faire et profite de la division autour de la question.

L’Union de la Jeunesse Communiste (UJC) s’était déjà exprimée dans un article au sujet de la question du racisme et nous réaffirmons notre position prise à ce moment-là. La propagande de masse de la bourgeoisie, relayée par les médias, est très souvent fondée sur des faux-dilemmes dont la fonction est de poser les questions politiques afin d’occulter systématiquement la composante de classes, et donc des rapports d’exploitation qui les sous-tend. La question du racisme, de la diversité d’origines, de cultures ou de religion est un des meilleurs exemples de la propagande fallacieuse des monopoles capitalistes.

Le capitalisme a créé, avec le chômage et la précarité généralisés – ainsi qu’avec les mesures réactionnaires concernant le chômage, le travail ou les minimas sociaux – les conditions de l’expulsion d’énormes populations ouvrières des institutions de l’État et du travail salarié. La religion musulmane est proportionnellement plus importante au sein de ces populations que chez les capitalistes ou l’aristocratie ouvrière. Si la classe ouvrière est dans son ensemble exploitée et oppressée par la lutte que la bourgeoisie mène contre elle, les musulmans et musulmanes de classe ouvrière le sont d’autant plus qu’ils deviennent à travers la politique bourgeoise – avec l’extrême-droite comme fer de lance et les courants « libéraux » comme complices silencieux – le bouc émissaire qui concentre les attaques de la bourgeoisie monopoliste contre la classe ouvrière. L’objectif est tout simplement de légitimer la précarité et le chômage dont les capitalistes ont besoin pour entretenir et augmenter leurs profits, de construire une raison « valable » de maintenir des millions de personnes, musulmanes ou pas, dans des conditions de vie aberrantes, dans le désespoir qui les poussera à accepter l’exploitation capitaliste sous les conditions que les patrons dicteront. Et cela s’opère fait à travers la culpabilisation des larges masses laborieuses précarisées : selon les mensonges capitalistes, ils ne savent pas s’adapter aux prérogatives du marché du travail, parce qu’ils sont des assistés, des fainéants… ou parce qu’ils pratiquent une religion déterminée. Si ce sont les couches les plus précarisées de la classe ouvrière qui sont ciblées en général par les monopoles capitalistes, les populations ouvrières musulmanes sont tout particulièrement dans le viseur des attaques de l’extrême-droite, avec le silence complice du reste des politiciens bourgeois, qui servent sur ce point les intérêts généraux de l’ensemble de la bourgeoisie : la légitimation du chômage et de la misère pour une partie grandissante de la classe ouvrière, qui permettra aux capitalistes de maintenir et accroître leurs profits dans la crise généralisée actuelle du capitalisme.

On retourne à la question des faux-dilemmes. Dans ce cas, il nous est exigé de nous positionner sur la base d’un problème qui est, de façon préméditée, mal posé. Si la bourgeoise nous demande de prendre position entre l' »assimilation » et la « célébration de la diversité » c’est parce que, tel qu’elle l’a formulée, la fracture est de type culturel / religieux et concernerait donc la « cohabitation » de ce qui est, supposément, deux cultures en contradiction. Les jeunes communistes refusent de prendre position selon les critères des monopoles capitalistes et disent haut et fort que ce ne sont pas les cultures qui sont en contradiction, mais les classes sociales. Le racisme est ancré dans l’exploitation capitaliste de la classe ouvrière que nous subissons jour après jour ; la discrimination des musulmans et musulmanes de classe ouvrière est une extension de la discrimination généralisée du prolétariat précarisé par la bourgeoisie, elle même issue de l’exploitation capitaliste et de la lutte de classes.

Aucun critère d’appartenance religieuse ne doit diviser la classe ouvrière dans sa lutte contre l’exploitation capitaliste. C’est pour ça que nous rejetons les exécrables déclarations des Éric Zemmour et Julien Odoul (Rassemblement National), le silence complice du gouvernement qui instrumentalise la question du racisme, mais aussi les positions de la gauche bourgeoise qui s’obstine à séparer la question religieuse de l’exploitation capitaliste.


L’islamophobie est une haine de classe

Les bourgeois organisent la division de la classe ouvrière et de sa jeunesse, afin de renforcer leur dictature de classe et de faire plus de profits

A cela nous répondons : contre le capitalisme, contre Macron et contre l’extrême-droite, rejoins le combat !