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L’alliance indo-pacifique, les prises de position impérialistes

Tandis que les ambassadeurs des États australien et indien en France ont félicité le président pour avoir rejoint « l’axe indo-pacifique », c’est toute la tension caractéristique des alliances entre impérialismes qui se dessine autour des enjeux d’un conflit avec la Chine. Comptant l’État ultra-nationaliste Indien, les impérialismes avancés comme la France et les États-Unis, et ceux comptant gagner de l’importance comme le Japon et l’Australie, cet « axe », placé sous la direction états-unienne, est une tentative d’États bourgeois de former une coalition afin de contrer en Asie l’impérialisme chinois et ses vues hégémoniques sur le continent.

Loin d’être simple, nous n’avons pas affaire à une simple opposition binaire comme une « guerre froide », ou encore contre le « géant asiatique », et le « géant américain », mais bien plutôt d’une tentative de multiples États de pouvoir se repartager, par un jeu d’alliances puis de conflits si besoin, les matières premières, ressources, et profits possibles sur le continent asiatique. L’Inde par exemple, tout en participant à des exercices militaires conjoints avec l’Australie, se voit également en tension avec les États-Unis, ceux-ci n’hésitant pas à faire naviguer un contre-torpilleur à missiles guidés dans les zones économiques exclusives maritimes indiennes, le 7 avril, provoquant une méfiance renouvelée de l’État indien. Ces contradictions internes aux impérialismes sont donc également notables dans le cas de la France. Celle-ci, outre ses campagnes militaires au Sahel, cherche également à entrer dans les conditions les plus favorables au sein de ce qui se dessine comme un « OTAN asiatique ». L’Union Européenne du capital entend effectivement trouver une logique commune pour cet axe « indo-pacifique ». Toute la question est de voir la manière dont ces alliances fluctuantes, (comme l’organisation de coopération de Shanghai, comptant la Chine, le Pakistan ou encore la Russie, ou bien le RCEP, plus grand accord de libre-échange fait), se concrétiseront au sein des contradictions inter-impérialistes. Contradictions continuant de provoquer, comme en Inde, des mouvements sociaux de grande ampleur. Encore une fois, la thèse léniniste des guerres impérialistes accélérant les crises révolutionnaires se trouve vérifiée dans cette zone de conflit, et il s’agit bien de surveiller la manière dont l’État bourgeois Français entend tirer sa carte du jeu dans cette zone devenant peu à peu un enjeu clef de l’impérialisme mondial, afin de mieux le briser.

Bross