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Le projet Neom ou le capitalisme qui « embellit » nos vies

Le prince héritier du trône d’Arabie Saoudite Mohammed ben Salmane conduit un projet à 500 milliards de dollars US : une ville majestueuse de 170km de long appelée Neom ou La ligne. Cette ville, dont les travaux de construction ont commencé en janvier 2021, va révolutionner la vie des 1 millions d’habitants prévus. Toutes les infrastructures répondant à un besoin vital seront à 5 minutes à pieds, les déplacements prendrons maximum 20 minutes dans la ville grâce à un système de transport en commun hyper rapide et autonome encore en développement. La gestion de la ville sera entièrement mise dans les mains d’une intelligence artificielle. Cerise sur le gâteau, il n’y a pas que cette super-ville du futur mais bien trois autres complexes prévus dans le même horizon que Neom : 2030. Le projet Saudi Vision 2030 encadre Neom mais aussi Red Sea, un grand complexe touristique au bord de la mer rouge, Qiddya, en périphérie de Riyad qui sera une ville de divertissement, et enfin Amaala, sur les rive de la mer rouge, axée le luxe et le bien-être. Pour finir le caractère innovant de cet ensemble, la ville de Neom située sur le golf d’Aqaba permettra de relier de façon terrestre la ville égyptienne de Charm el-Cheikh et l’Arabie Saoudite. Quel beau projet.

Mais beaucoup de questions se posent à nous : qui paye ? Pourquoi ce projet est-il conduit ? Quelle vie dans cette ville ? Quelle caractéristiques cette ville aura ? Nous allons y répondre ensemble. D’abord le prix. C’est le PIF (Fonds Public d’Investissement) qui finance et détient 100% des parts de chaque société fondée pour ce projet. Le PIF est sous l’autorité exclusive du prince héritier. Quel est le reste du prix ? L’expulsion sans relogement de la tribu Howeitat vivant sur les terres, avec en prime quelques assassinats des représentants de l’opposition.

Saudi Vision 2030 a pour ambition d’offrir du travail aux jeunes saoudiens, d’inciter les étrangers à investir en Arabie Saoudite et à diversifier l’économie. Est-ce réellement ce dont le peuple travailleur saoudien a besoin ? Non, comme tous les autres peuples, les saoudiens n’ont pas besoin d’une nouvelle ville sortie de terre ex nihilo comme par magie par la puissance et l’humanité des profiteurs capitalistes ! Ce dont nous avons besoin c’est un accès aux structures répondant aux besoins vitaux accessibles en cinq minutes partout ! Ce dont nous avons besoin, c’est une planification démocratique et scientifique de la production ! En réalité, ce projet est mené pour permettre à la classe capitaliste saoudienne de sortir de sa dépendance au pétrole.

Quelle vie vivrons les habitants très privilégiés de Neom ? Un quotidien du futur, promettent les promoteurs du projet. Avec de grands espaces connectés, pas de voitures et ce fameux transport en commun allant à très grande vitesse. Mais surtout une intelligence artificielle qui organise au mieux la ville, la reconnaissance faciale dans tous les espaces public pour plus de sécurité. En quelques mots contrôle de la classe de la population productrice de richesses.

Ce projet n’est pas d’avenir, il est aussi poussiéreux et pourrissant que le capitalisme. D’abord il est nauséabond derrière ses premiers abords et ruisselle déjà de sang. Ensuite ce type de projet est initié par la bourgeoisie depuis le début du capitalisme, rappelons-nous du baron Haussmann ou de nos « villes nouvelles ». Saudi Vision 2030 est le projet d’une classe capitaliste rapace, à la recherche continuelle de profit croissant. Ce n’est pas avec quelques villes du futur que nous pourrons combler l’ensemble des besoins vitaux de l’ensemble de la population. Il nous faut, pour ce faire, abattre le seul rempart face à cette société : le capitalisme, pour construire une société nouvelle basée sur une division et une organisation du travail radicalement modifiées car démocratique et scientifique. Le socialisme-communisme est la jeunesse du monde, pas les nouvelles villes capitalistes !

Franz