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Fusion de TF1 et M6 : l’État et l’information

Le contexte des prochaines élections présidentielles de 2022 a ouvert, comme nous avons pu le constater toujours plus, une restructuration importante des partis bourgeois, aussi bien du côté des sociaux-démocrates que du côté des plus réactionnaires et fascisants. L’exemple de Éric Zemmour, et son rapport avec le parti historique d’extrême droite le Front national, nous démontre toujours plus les conflits internes en train de se jouer au niveau des classes dominantes, pour déterminer l’organisation et les leaders correspondant le mieux aux intérêts des monopoles dans cette période intense de conflits au sein de l’impérialisme. Restructuration que l’on observe d’ailleurs au sein d’une autre partie de l’appareil d’État : les moyens de communication. L’élément le plus évident est la façon dont Éric Zemmour lui-même fut construit politiquement par la chaîne CNEWS, appartenant à Bolloré, dont le monopole économique, militaire, et médiatique n’est plus à prouver. Mais les luttes internes de la bourgeoisie se font sentir également entre les différentes instances et organisations des moyens de communication eux-mêmes, luttes entre exploiteurs que l’on voudrait taire, ou euphémiser, comme en témoigne le peu de réaction publique face à une nouvelle tout aussi symptomatique : la fusion de TF1 et M6.

Concrètement, en quoi consiste cette fusion ? Au niveau de la base, on trouve d’une part la concentration de la propriété toujours plus restreinte, afin de faciliter le profit des classes dominantes, tandis que d’autre part, il faudra spécialiser et diviser toujours plus le travail en lui-même, là aussi afin d’accélérer le profit en dévalorisant toujours plus le travail et le salaire. Cette fusion TF1-M6 n’est que le commencement de ce processus pour ces deux chaînes, mais il suffit de regarder les intérêts médiatiques du groupe monopolistique de Xavier Niel, où se côtoient Télérama, Le Monde, ou encore l’Obs. En concentrant les intérêts, tout en spécifiant toujours plus le travail, au sein des moyens de communications, un monopole fait d’une pierre deux coups : du profit économique, et une position plus forte politiquement et idéologiquement. Ces exemples nous démontrent donc deux choses à ne pas oublier : la restructuration des classes dominantes et leurs conflits se jouent également au niveau des appareils de communication, en créant de véritables « blocs » pouvant, par exemple en France, se compter au niveau de six ou sept.

N’est-ce pas la l’un des meilleurs exemples de l’existence d’une dictature du capital ? Au sens propre du terme, puisque l’information, la fameuse «  liberté d’expression et d’opinions » dont se vantent tant la démocratie bourgeoise, est en fait contrôlée et organisée par une poignée de personnes. Pour paraphraser la fameuse phrase de Lénine : « La liberté dans la société capitaliste reste toujours à peu près la même que dans les anciennes républiques grecques: la liberté pour les propriétaires d’esclaves », nous pouvons donc en dire tout autant de la liberté d’information : liberté de ceux qui en ont les moyens, pas des masses.

Bross