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Passe vaccinal : une nouvelle attaque contre nos libertés

Lassitude. C’est le sentiment partagé au sein du peuple-travailleur face aux méandres de la politique sanitaire du gouvernement. Encore faut-il parler d’une politique, lorsque les choix assumés ne sont que de l’ordre de l’amateurisme et du paternalisme éhonté qui nous touche depuis bientôt 2 ans.

Alors que l’épidémie de Covid-19 connaît une reprise avec le nouveau variant Omicron – moins dangereux mais plus virulent – le gouvernement planche sur la mise en place d’un passe vaccinal. Celui-ci consisterait à remplacer le passe sanitaire et à donner le droit d’accéder aux lieux culturels et de loisirs, ainsi qu’aux longs voyages, uniquement sous preuve de schéma vaccinal complet. Olivier Véran sur France Inter le samedi 18 décembre a évoqué l’élargissement du passe vaccinal au monde du travail, avant que la ministre du Travail explique que cette décision n’est pas encore actée et qu’il faudra une concertation avec les partenaires sociaux (syndicats notamment).

Inutile de préciser que ces mesures regorgent de contradictions et d’atteintes aux libertés démocratiques. D’abord, le contenu du passe vaccinal. En effet, celui-ci ne contiendrait plus les dispositions offertes par un test PCR / antigénique négatif ou une preuve de rétablissement au Covid-19, mais uniquement une preuve de vaccination complète. Or on sait que le virus circule toujours malgré la vaccination, qui ne protège pas de la contamination mais des formes graves chez les personnes les plus vulnérables. Le passe vaccinal aurait ainsi pour effet de diminuer le nombre de tests et donc affaiblirait le dépistage de la population. On pourrait s’interroger sur une politique de chiffres menée par le gouvernement.

Quid de la réduction de nos libertés démocratiques ? Imposer puis étendre le passe vaccinal au monde du travail c’est attaquer le droit au travail, par ailleurs non respecté sous le capitalisme avec le chômage de masse et les licenciements. Même d’un point de vue de l’idéologie bourgeoise, travailler est un droit fondamental pour les individus. Selon l’article 23 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948, « toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage ». Le capitalisme-impérialisme croule toujours plus sous ses propres contradictions et le gouvernement veille ainsi à rendre de facto la vaccination obligatoire, même si les mesures ne prennent pas ce nom encore trop tabou pour l’opinion publique.

Quid d’une discrimination toujours plus poussée envers celles et ceux qui ne sont pas vaccinés ? Finalement, si l’accès aux lieux culturels et de loisirs n’est autorisée qu’aux vaccinés et que les contaminations s’y effectuent en grande majorité, les non-vaccinés sont-ils les plus dangereux ? Combien de fois a-t-on pu entendre « on peut enlever nos masques, on est vaccinés » ou « on peut se faire la bise, de toute façon on est vaccinés ! » ? La vaccination massive a eu pour effet pervers la diminution des gestes barrières (port du masque, distanciation, etc.), qui constituent en réalité les mesures les plus efficaces pour empêcher la contamination et la reprise épidémique1. Mais comment faire lorsque l’amateurisme du gouvernement est passé à coups de désinformations et de réinformations depuis le début de l’épidémie en 2020 ?

Ce débat public autour de la vaccination et du passe vaccinal imposé par le gouvernement et l’État bourgeois cache en réalité des questions de fond, comme la diminution des effectifs et la fermeture des lits d’hôpitaux ces dernières années y compris durant l’épidémie2 3. Par ailleurs, cette discrimination opérée à l’égard des personnes non-vaccinées a pour objectif de créer une énième division au sein du peuple-travailleur. Il n’est pas défaitiste de penser que la solution réside dans le renversement de ce système capitaliste pourri qui ne fait qu’accroître les problèmes sanitaires et qu’enrichir des monopoles pharmaceutiques. Les travailleurs et les travailleuses n’ont rien à perdre dans la mobilisation et la lutte pour une société nouvelle où la réponse aux besoins humains sont fondamentaux et où les profits d’une minorité de milliardaires sont interdits. Au contraire, ils et elles ont tout à gagner dans cette voie.

Jim


1 Sans parler des vaccinés qui portent le virus de manière asymptomatique et qui, sans test PCR / antigénique, ne savent pas qu’ils le propagent.