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Une rentrée sans abondance

D’année en année, la rentrée de septembre se fait de plus en plus difficilement. Qu’un président réélu par une énième mascarade politique puisse déclarer que ce sera la « fin de l’abondance » et que cela choque, la dure réalité n’a pas échappé aux couches populaires. Comment parler d’abondance lorsque plusieurs millions de travailleurs privés d’emplois, de précaires et de sans-abris vivent dans la détresse et voient leurs conditions de vie se dégrader ? Comment parler d’abondance lorsque la pauvreté augmente et lorsqu’un enfant sur trois ne part pas en vacances ? On sait désormais que les sorties médiatiques de Macron n’ont rien de spontanées, elles ont pour but de cristalliser la colère autour d’individus et de cacher les réelles causes de nos problèmes, le système capitaliste.

L’été n’a pas empêché la précarité et l’inflation d’augmenter, et de nouvelles régressions s’annoncent pour bientôt avec notamment les prix de l’énergie (gaz, électricité) qui vont augmenter en hiver. C’est sans compter l’offensive que le nouveau gouvernement Borne veut poursuivre contre la retraite, la Sécurité Sociale, l’assurance chômage, la santé et l’éducation. Alors l’abondance ? Manifestement il y a de l’argent dans ce pays. Il y a de l’argent pour éponger les dettes des monopoles et pour alléger leurs impôts. Il y a de l’argent pour soutenir un État en guerre qui utilise sa population comme bouclier humain et qui interdit les partis d’opposition de gauche. Il y a de l’argent pour la présence militaire française en Afrique et dans le monde et pour accroître les capacités militaires. L’abondance, c’est pour les monopoles ; pour le peuple-travailleur, c’est un vague rêve, sinon une insulte et un mépris de classe de la bourgeoisie.

On parle de rentrée, on pensera à ces jeunes dans les établissements REP (Réseau éducation prioritaire) qui voient leurs conditions d’apprentissage se dégrader en s’entassant toujours plus dans les salles de cours, certaines classes passent de 22 à 28 voire 30 élèves, dans certains lycées jusqu’à 36 élèves. De même pour les crèches et les maternelles saturées et débordées, la petite enfance n’est pas épargnée. Et pas de rentrée pour ces millions de jeunes précaires et de jeunes travailleurs privés d’emploi pour qui la galère se poursuit, l’été n’a pas été une coupure et une pause.

Lorsque la colère et la détresse montent dans le pays, la bourgeoisie ne peut pas faire autrement que mépriser ceux et celles qui créent les richesses. Il ne s’agit pas d’espérer obtenir des miettes des bourgeois, nous devons organiser notre colère et préparer la contre-offensive. Jeune travailleur et travailleuse, jeune étudiant et étudiante : relève la tête, rejoins le combat !

Jim