
Le patriarcat, pour nous communistes, est un système présent sous toute société de classe et permettant notamment la gestion du travail reproductif au moindre coût pour la classe exploiteuse, ce travail permettant la reproduction de la force de travail de génération en génération autant que de jour en jour. Notre Parti Communiste Révolutionnaire de France comprend en effet le travail reproductif comme l’ensemble des formes de travail nécessaires à l’entretien des individus eux-mêmes et au maintien de leur force de travail : les travaux culinaires, sanitaires et sociaux ou ménagers constituent des formes de travail reproductif. Historiquement réalisé par tous les membres de la société sous les communautés primitives sans classes, ce travail, lors de l’apparition des sociétés de classe, de la division du travail et du genre en tant que fait social, a été assigné au genre féminin. Aujourd’hui, sous le capitalisme à son stade impérialiste (capitalisme des monopoles), cette assignation du travail reproductif aux femmes persiste alors même que les moyens techniques et technologiques rendent possibles l’organisation et la socialisation de ce travail à grande échelle. Dans ce cadre, les VSS constituent l’ensemble des formes de violence que subissent les femmes tout au long de leurs vies, qui constituent une forme de répression ou de domination contre les femmes et qui permettent objectivement de réassigner les femmes au travail reproductif – et en particulier au travail domestique, c’est-à-dire le travail reproductif réalisé dans le cadre du foyer.
La propriété privée des moyens de production et d’échange et la recherche du profit, qui constituent les fondements du capitalisme, rendent impossible l’organisation et la socialisation du travail reproductif. Au contraire, elles tendent à maintenir voire à renforcer, en particulier en période de crise, le cantonnement du travail reproductif dans le cadre privé du travail domestique et l’attribution de ce travail aux femmes. Cette forme d’organisation privée du travail reproductif correspond au cadre privé de l’organisation du travail lui-même au sein de la société posé par la propriété privée des moyens de production, tout en permettant effectivement la reproduction de la force de travail au moindre coût pour la classe capitaliste (la bourgeoisie).
Ainsi, loin d’un phénomène du passé, les VSS et l’ensemble des oppressions partriarcales sont encore une réalité omniprésente dans la vie des femmes : en France, toutes les 3 minutes a lieu un viol ou une tentative de viol ; 53 % des femmes déclarent avoir subi au moins une VSS (dont le harcèlement sexuel) dans leur vie ; depuis le début de l’année 2025, nous comptons 152 féminicides en France, c’est-à-dire des femmes assassinées car elles sont des femmes, pour des motifs patriarcaux (haine des femmes, refus d’accepter une rupture amoureuse, volonté de contrôle…) ; dans le cas des personnes transgenres, dont l’oppression fait partie des oppressions patriarcales, 85 % des personnes transgenres déclarent avoir subi des agressions verbales ou physiques dans leurs vies, et les violences contre les personnes transgenres dont les transféminicides sont régulièrement d’une violence extrême et parfois filmées et partagées en direct sur les réseaux sociaux. Enfin, pour briser le mythe du rôdeur isolé auteur de VSS, rappelons que dans 91 % des cas, les femmes subissant des VSS connaissaient leurs agresseurs : ils sont membres de leurs cercles familial (conjoints ou ex-conjoints, pères, frères ou beaux-frères…), professionnel (patrons, collègues…) ou amical (connaissances, amis).
Régulièrement, lorsque le capitalisme a besoin de développer son taux d’exploitation de la force de travail, nous assistons à un déchaînement de violences à l’égard des femmes : sur le continent africain, au Ghana, les accusations de sorcellerie sont courantes et servent à des régimes de terreur et d’intimidation atteignant des pics de violences, provoquant le déplacement d’environ 3000 femmes ; en Zambie, dans la province centrale, 176 « chasseurs de sorcières » en activité ont été recensés, organisant des ratissages, intimidations et violences publiques. Malgré la propagande raciste bourgeoise qui peut être propagée par les médias français et les courants réactionnaires, ces violences ne sont pas le fait d’un obscurantisme irrationnel intrinsèque aux États du continent Africain, mais proviennent du mouvement des crises et reprises des capitaux nationaux, qui est également présent sur le continent européen. En effet, alors que les contradictions inter-impérialistes continuent à s’aiguiser, que les États capitalistes mènent des conflits armés partout dans le monde et se préparent une guerre généralisée, l’État français renforcer l’assignation des femmes au travail domestique gratuit. La destruction progressive du système de santé publique, par exemple, participe à replacer l’entretien sanitaire dans le cadre du foyer, les femmes s’occupant plus régulièrement dans ce cadre du bien-être psychologique de l’homme et des enfants ainsi que plus généralement de l’entretien des membres de la famille avec des problèmes de santé ; le manque continu de places dans les crèches force les parents, et en grande majorité les mères, contre leur volonté, à quitter leurs emplois ou à travailler à temps partiel pour s’occuper des enfants ; les écarts persistants de salaires entre femmes et hommes et les difficultés accrues pour les femmes à faire évoluer leurs carrières participent également à permettre cette réassignation des femmes au travail domestique lorsque nécessaire, l’emploi et la carrière de l’homme étant ainsi plus importants à préserver que celui de la femme dans le cadre familial. N’oublions pas aussi, récemment, la suppression de la majoration des aides sociales pour les enfants de 14 ans proposée dans le projet de budget pour 2026, ni le « réarmement démographique » réclamé par Macron, premier représentant de la bourgeoisie française. Quand le capital a besoin d’une relance, cela passe toujours par l’aggravation des conditions de vie des femmes travailleuses en développant les rapports patriarcaux dans la société de classes.
Nous et notre Parti entendons lutter contre les VSS et le patriarcat au sein de la société capitaliste tout comme en notre propre sein. Toute forme de VSS et plus généralement toute forme d’oppression patriarcale doit être reconnue et combattue en tant que telle, peu importe le contexte et sans tolérance à leur égard. Si à terme les oppressions patriarcales ne pourront disparaître sans renverser le capitalisme, la lutte contre les VSS se perpétuera au-delà, jusqu’à l’éradication de toute base économique et matérielle permettant l’émergence d’idées et de comportements patriarcaux. Seule cette lutte quotidienne de longue haleine permettra, sur le long terme, l’éradication des VSS mais aussi du patriarcat lui-même.
- Femmes et hommes exploité·es, toutes et tous uni·es contre les VSS, contre le patriarcat, contre le capitalisme !
- Aucune tolérance à l’égard des VSS, des oppressions patriarcales et de leurs auteurs !
- Construisons un Parti communiste de combat, organisons-nous pour mener la lutte contre le système d’exploitation, pour ériger un mode de production capable d’émanciper les femmes !
