A l’invitation de la International Communist press, le secrétariat du comité central de notre parti, le parti communiste révolutionnaire de France ( PCRF ), pu rédigé ce communiqué d’analyse sur la séquence en cours de luttes de classes. On y retrouvera des jalons essentiels sur les causes objectives du mouvement lycéen et de ces transformations en mouvements de masses contre la vie chère et le gouvernement Macron, tout comme des éléments politiques à retenir et amplifier du mouvement.
La version anglaise de ce communiqué est à retrouver sur le site de l’ICP ici : https://icp.org.tr/news/exclusive-opinion-revolutionary-communist-party-france-recent-protests
« Le gouvernement bourgeois d’Emmanuel Macron est en poste depuis maintenant presque dix ans. Emmanuel Macron et l’ensemble de son personnel bourgeois furent le choix des monopoles français sur le temps long, au vu de leurs bons résultats dans un volet stratégique essentiel de la bourgeoisie française. Du point de vue international, il s’agissait, au sein de l’Union européenne et du continent européen, d’intensifier les efforts afin de prendre la direction de l’alliance impérialiste et d’y renforcer une capacité militaire et économique stratégiquement indépendante de l’Union européenne impérialiste. Cet aspect international est lié aux offensives nationales de notre bourgeoisie. En effet, les monopoles s’orientent, en plus et en même temps que la course aux nouvelles technologies, vers une économie de guerre au sein de laquelle l’ensemble des secteurs lui sont tendanciellement subordonnés. Ces avancées nationales comme internationales nécessitent la destruction des compromis acquis dans la Résistance antifasciste, comme l’éducation publique, notre système de sécurité sociale quant à la santé, ou les retraites. Les deux présidences Macron expriment cette stratégie, mais aussi ces réussites, comme donc les défaites pour la classe ouvrière et la jeunesse populaire, avec par exemple la contre-réforme des retraites en 2023. Cela a abouti à une situation catastrophique de l’éducation en France, que notre parti a documentée d’année en année. Parmi les revendications des lycéens en septembre 2026, on trouvait par exemple le remplacement effectif des professeurs absents, plus de personnel non enseignant (CPE, AED, AESH, infirmiers, etc.), une augmentation des moyens financiers alloués à l’éducation, la rénovation des infrastructures scolaires dégradées et le retrait des plateformes de sélection empêchant l’accès aux études supérieures, comme « Parcoursup ».
Durant ces années de mandat, l’aggravation des luttes de classes a mené à la formation de luttes extra-parlementaires au sein des couches populaires, à l’image du mouvement des « gilets jaunes » initié en 2018. Ce mouvement spontané, ayant comme point de départ la lutte contre la vie chère, a organisé des espaces démocratiques alternatifs à ceux de la démocratie bourgeoise.
La conjonction du facteur objectif de la crise du système impérialiste, de la stratégie de nos monopoles en son sein, ainsi que subjectivement une organisation tendanciellement extra-parlementaire des luttes de classes, a donné lieu au mouvement que nous connaissons maintenant depuis plus de trois semaines. La révolte de la jeunesse par des blocus de lycées et leurs occupations, les manifestations sauvages, ont trouvé une résonance avec les gilets jaunes et leur retour. Ces transformations ont abouti au passage d’un mouvement de la jeunesse pour l’éducation à un mouvement populaire large contre les budgets austéritaires et la vie chère, dont le premier moment fut les manifestations massives du 17 octobre et leur répression inouïe. Les directions CGT et des confédérations syndicales se sont retrouvées débordées de leur stratégie de partenaires sociaux et d’interpellation ou de pression sur les candidats aux présidentielles par le débat d’idées ou les manifestations témoignages.
Dans cette situation complexe, notre jeune parti fondé en 2016 et sa jeunesse se sont investis de façon multiforme partout en France à la hauteur de leurs capacités, fort de notre mot d’ordre lancé il y a deux ans : de l’argent pour les besoins populaires, pas pour la guerre, accusons le capitalisme ! Tout d’abord, nous avons appelé à renforcer un syndicalisme de classe et de masse, capable de soutenir et d’amplifier les luttes de la jeunesse en entreprise. Ainsi, nos camarades syndiqués ont appelé à rejoindre la mobilisation, à défendre la jeunesse face à la répression policière et à promouvoir, dans leurs syndicats, la grève comme outil de solidarité essentiel des luttes de classes. Politiquement, notre parti et sa jeunesse travaillèrent également à amplifier les revendications afin de les orienter vers une accusation claire envers la source de tous nos maux, au-delà des gouvernements bourgeois d’Emmanuel Macron ou d’un autre : le capitalisme. Par exemple, notre jeunesse appela également, dès la première semaine de mobilisation, à étendre les revendications pour la fin de toutes les formes de travail obligatoire et non payé, telles que les stages en entreprise dans le Second degré et dans le Supérieur. Enfin, un dernier axe de travail de notre parti fut de soutenir et de renforcer les initiatives extra-parlementaires en cours dans le mouvement lycéen, tout comme à partir du 17 octobre. En effet, alors que les élections présidentielles bourgeoises auront lieu en avril 2027, notre parti juge crucial de préparer dès à présent un mouvement populaire fort, capable de ne choisir aucun parti bourgeois, social-démocrate ou non, comme sortie illusoire de cette crise. C’est par l’expérience de méthodes de lutte et d’organisations alternatives à la démocratie bourgeoise, comme la démocratie directe, que les masses prennent conscience qu’une autre société est possible, dirigée par un autre type de parti : le parti d’avant-garde. Pour ce faire, notre parti et sa jeunesse se sont investis dans un travail d’entretien auprès de jeunes et de travailleurs, dans un travail de solidarité pour les victimes de répressions policières passant par des canaux financiers et organisationnels indépendants, ou encore en participant activement, en tant que jeunes camarades, à des directions de blocages d’universités. »

