Guerres contre les peuples, les besoins populaires et l’environnement : Stoppons la spirale meurtrière du capitalisme !


ÉDITORIAL D’INTERVENTION COMMUNISTE N°195

De mai à juillet 2026, les conditions environnementales de la classe ouvrière et des couches populaires sont devenues violentes dans des proportions jamais vues.

La moitié de la France a en effet connu des records de chaleur pour un mois de mai, avec des pointes dépassant les 37 degrés, la canicule provoquant 5764 décès supplémentaires en juin. Dans ce contexte, des incendies sans précédent se sont déclarés, particulièrement dans le sud-ouest, provoquant la destruction de près de 98 000 hectares. Les grains, maïs, blé et orge, devraient voir leur récolte amputée de 9 millions de tonnes à l’échelle de l’Europe, aggravant les conditions de l’agriculture et de la paysannerie déjà touchée par la crise sociale.

Ces catastrophes étaient-elles inévitables, le fruit d’une nature folle et sans règles ? Non, comme en témoigne l’actualité, ces catastrophes sont le fruit d’un mode de production : le capitalisme. Aujourd’hui, seulement 5 Canadair sur 12 sont opérationnels en France, en raison d’une maintenance confiée à une entreprise privée préférant son profit aux techniciens et pièces à renouveler. Monique Barbut, ministre de la transition écologique, a récemment négocié sa place confortable de personnel bourgeois en démissionnant puis en revenant à son poste, ayant préféré suivre les incendies depuis sa confortable résidence du Var plutôt que sur le terrain. Il ne s’agit que de deux faits nous rappelant une question d’ampleur sociale : le capitalisme français ne peut répondre à nos besoins, et encore moins à mesure qu’il s’oriente vers la guerre pour surmonter la crise généralisée du système impérialiste.

Le choix de la guerre contre les peuples, aux dépens de nos intérêts ! Le complexe militaro-industriel continue sa pénétration toujours plus forte au sein de l’État, du domaine de la recherche et du capitalisme vert. La subordination des différents secteurs du capital à l’économie de guerre est centrale, et elle est renforcée par l’encouragement financier et par l’absorption des TPE et PME aux grands monopoles de l’armement. Prenons l’exemple de Dassault Aviation, qui a investi 200 milliards d’euros dans la PME vendeuse de drones Harmattan AI. L’économie de guerre se développe aussi dans l’aéronautique, dans les nouvelles technologies et dans l’énergie, autant de secteurs permettant au capital français de compenser ses difficultés dans d’autres secteurs comme l’automobile. Si l’accroissement des profits de l’oligarchie financière française est avéré dans ces domaines répondant aux intérêts guerriers de l’impérialisme français, c’est au prix de licenciements, de fermetures d’entreprises et de baisses de salaires généralisées ailleurs. Il s’agit donc d’une guerre de notre classe dominante, menée contre notre classe ouvrière et les masses populaires, au détriment de notre environnement, mais aussi contre les peuples du monde subissant l’impérialisme français. Les peuples d’Afrique de l’Ouest et du Sahel, par exemple, ont récemment encore vu la place des monopoles français grandir, par le biais du sommet « Africa Forwards » à Nairobi le 11 et 12 mai 2026. Les monopoles français y ont officialisé un retour financier, militaire, et industriel massif, dans une « FrançAfrique » renouvelée du point de vue tactique, mais dans la continuité de ses objectifs stratégiques. Ces redéploiements militaires et économiques s’inscrivent dans une instabilité générale au sein du système impérialiste, qui voit ses contradictions s’aiguiser face à une crise de surproduction généralisée se transformant en crise financière.

En effet, les contradictions avec la Chine vont prendre une nouvelle envergure, à l’heure où les entreprises françaises ne représentent par exemple plus que 5% des contrats publics au Sénégal, contre 30% pour la Chine.

À l’échelle de l’Europe, les contradictions autour de la direction de l’UE restent encore vives. Dans ce cadre, le « couple franco-allemand » n’empêche nullement le fait que les monopoles français et allemands possèdent leurs propres forces et faiblesses, les uns se développant dans certains secteurs au détriment des autres, sans que l’on puisse définir aujourd’hui un ascendant pris par l’une de ces deux bourgeoisies sur l’autre. Les difficultés proviennent également de l’Espagne et de ses avancées : après des années de retard, l’Espagne a franchi le seuil des 2% du PIB consacrés à la défense, et elle entre dans le top 15 mondial, répondant presque déjà aux nouveaux critères de dépenses budgétaires de l’OTAN.

Que ce soit avec l’UE impérialiste ou avec un prétendu monde « alternatif à l’hégémonie US » porté par la Chine capitaliste, les peuples du monde et la classe ouvrière en France n’ont rien à espérer des solutions au sein du capitalisme-impérialisme ; car le problème, c’est ce mode de production ! Préparer les luttes pour 2027, et au-delà pour le socialisme !

La bourgeoisie tente dès aujourd’hui de préparer sa stabilité politique, avec un gouvernement et un personnel capables d’assurer la continuité de la politique du capital à travers les prochaines guerres et contradictions. C’est là l’enjeu des élections présidentielles de 2027. En effet, la crise impérialiste provoque l’instabilité des gouvernements bourgeois, ainsi que l’instabilité des alliances avec des couches moyennes et petites-bourgeoises pourtant nécessaires au capital pour maintenir sa domination. Les contradictions au sein des institutions de l’État vont aussi s’intensifier, comme aujourd’hui au sein de l’Éducation ou de la Santé lorsque les besoins populaires sont balayés au profit de la guerre. Les élections sont donc centrales pour forger le consensus des travailleurs autour du nouveau « patriotisme », de « la grandeur de la France », de « l’union nationale », et maintenir l’illusion de la démocratie bourgeoise, dont les élections présidentielles sont un moment clef.

En France, au sein même du capital, on a pu voir les espoirs d’alternance politique, nourris par le PS et LFI, pour constituer des pôles bourgeois sociaux-démocrates, mais ces partis ne sont pas encore prêts à la réaliser. En effet, LFI n’arrive pas à se départir de ses alliances avec les sociaux-démocrates de droite, notamment du PS, et son programme international ne convainc pas les secteurs stratégiques du capital français, qui refusent une gestion keynésienne de la crise sociale et politique.

La propagande d’État a pu révéler qui sont les candidats favoris des monopoles : Gabriel Attal et Édouard Philippe incarnant la continuité de la politique menée depuis des décennies par les différents partis bourgeois ; mais aussi Bardella, exprimant une option plus ouvertement nationaliste.

Face à cette situation et à la nature de classe de l’État français, instrument de violence de la bourgeoisie, luttons pour ne donner aucune voix aux candidats du capital et de son aménagement ! C’est dans les luttes en entreprises, souvent invisibilisées, que se situe l’espoir de construction d’un front alternatif et de notre parti d’avant-garde, le Parti Communiste Révolutionnaire de France. Aujourd’hui, seul un tel parti est capable d’opposer une résistance populaire dans les élections de 2027 et contre ses futurs gouvernements, contre la guerre environnementale, sociale et internationale que mène notre bourgeoisie !