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Communiqué : notre avenir est compromis

La crise sanitaire dans laquelle la France est plongée confirme le pourrissement du capitalisme-impérialisme comme système économique et social obsolète et dangereux pour le peuple-travailleur et sa jeunesse. Si le gouvernement a décrété un confinement depuis la mi-mars, il faudrait rappeler trois choses fondamentales : d’une part l’irresponsabilité et l’incompétence des autorités en la matière, le risque étant connu depuis janvier-février au moins, d’autre part la relativité de classe du confinement, enfin la crise capitaliste couvée depuis des années que la crise sanitaire n’a fait que déclencher.

Tout d’abord le confinement promulgué est un confinement de classe, dans lequel, en même temps que le gouvernement demande à la population de ne pas sortir à la rue, permet, voire encourage aux capitalistes de secteurs non essentiels d’exiger à ses travailleurs d’aller travailler. Le ministre de l’économie Bruno le Maire a même mis un prix aux vies des travailleurs et travailleuses : il demande aux entreprises de bien vouloir donner des primes de 1000 euros par mois aux « héros » qui se rendront sur leurs lieux de travail pendant le confinement. Si la priorité est de gérer la crise sanitaire, la seule réponse doit être la fermeture sans conditions de toute entreprise non essentielle à la survie de la population. Toute autre réponse différente implique la priorisation des profits capitalistes sur la gestion de l’épidémie.

De même, la gestion de classe de la crise est manifeste en ce qui touche les conditions de travail des travailleuses et travailleurs de la santé, seul rempart dont la population dispose contre la maladie. Des années de suppression de moyens, de lits, de personnel hospitalier par les gouvernements successifs sous la houlette du capital monopoliste provoquent aujourd’hui une saturation du système public de santé dramatique pour la population, ainsi que des conditions de travail affreuses pour ces travailleurs et travailleuses de la santé sur lesquels reposent aujourd’hui nos vies. La contradiction capital-travail et le désespoir du capital en quête d’élargir les taux de profit qui se resserrent inéluctablement se font sentir dans tous les domaines. Le capitalisme ne nous promet rien que la destruction programmée des vies de travailleurs et travailleuses à travers la destruction de la Sécurité Sociale, la précarisation des conditions de travail, la chute des salaires, les retraites de misère et la détresse du chômage.

Il faut également mettre en garde contre les effets immédiats et à moyen terme de la crise capitaliste que le confinement a déclenché. Dans un contexte d’aiguë concurrence internationale entre les monopoles impérialistes pour l’accès aux marchés, aux matières premières et à la main-d’œuvre bon marché, tout obstacle à la production entraîne des reculs dans les positions de chacun de ces monopoles. Et la période d’arrêt partiel de la production qu’on a entamée cette semaine suppose pour les monopoles de tous les pays et concrètement de la France des positions perdues qu’il leur faudra récupérer s’ils veulent être à la hauteur des enjeux de la concurrence impérialiste. La tentative de ralentir le moins possible la production explique l’état d’exception très relatif dans lequel on est soumis, où il est exigé des travailleurs et des travailleuses de se rendre sur leurs lieux de travail. Mais cela présage également une offensive capitaliste sans précédents récents contre les conditions de vie et de travail de la classe ouvrière dès que la crise sanitaire sera finie, ainsi qu’une exacerbation extrême des conflits entre les États capitalistes pour la répartition des marchés, des matières premières, de la main-d’œuvre industrielle qui virera d’une forme ou d’une autre au désastre.

C’est dans le cadre des pressions des monopoles capitalistes pour endiguer les pertes occasionnées par le confinement et le ralentissement de la production qu’il faut comprendre d’une part dans le court terme l’annonce de la part du gouvernement d’exonérations massives des cotisations sociales afin que les entreprises puissent se récupérer, ainsi que l’endettement massif de l’État auprès des banques privées qui ont reçu des liquidités dans des conditions très avantageuses de la part de la BCE pour assurer la liquidité des entreprises. Dans le moyen terme, le gouvernement prépare déjà un paquet de mesures destinées à rallonger la journée de travail à 48 heures, à mettre en cause le droit de grève, à éliminer les congés payés, entre autres. La politique des monopoles est claire : faire peser le poids de la crise, ainsi que la récupération de leurs profits, sur les épaules de la classe ouvrière et du peuple laborieux, ce qui se traduit pour notre classe en misère, faim, esclavage et mort.

Synthétiquement, nous pouvons émettre une hypothèse qui tend à être confirmée par l’évolution rapide de la situation : le capital monopoliste qui a subi des pertes et qui a perdu des positions (marchés, investissements, capitaux, etc.), tentera ces prochains mois de se rétablir et de se renforcer, au prix d’une lutte de classes sans précédent. Dès aujourd’hui, nous voyons nos libertés rognées et perdues au motif d’un « état d’urgence sanitaire ». Mais nous n’avons aucune garantie que ces libertés reviendront. Il en va de même pour les dernières conquêtes sociales du XXe qu’il nous reste, notamment en matière de réglementations du travail et de sécurité sociale (repos dominical, limite hebdomadaire du temps de travail, congés payés, suppression de cotisations sociales etc.).

Sur le plan international, la crise aura pour conséquence l’exacerbation de la concurrence inter-impérialiste pour les positions perdues. On observe dès aujourd’hui une poussée de la Chine qui commence à se rétablir de la crise sanitaire, ceci dans la poursuite de ses plans impérialistes des « nouvelles routes de la soie ». Il n’y a aucunement ici la preuve que la sortie de la crise sanitaire est liée à un potentiel système socialiste chinois. Sa capacité à construire des hôpitaux et à faire face à la crise n’est en réalité que le reflet de son capital monopoliste en expansion, face aux capitaux monopolistes européens et américains en contraction. La sortie de la crise sera alors une période de fortes contradictions sur le plan international.

Notre avenir est donc compromis. Le capitalisme-impérialisme ne présage rien de bon pour demain. Il est à prévoir une forte lutte de classes pour le peuple-travailleur et sa jeunesse en France. Cette lutte de classe intense aura des répercussions notamment dans la structure de l’État bourgeois et des choix politiques des monopoles. Un durcissement autoritaire est à prévoir et la possibilité du fascisme comme sortie de la crise sont à évoquer. Il faut bien garder à l’esprit que le fascisme est une possibilité du capital monopoliste pour continuer à accumuler des profits, dans un contexte où il lui est impossible de diriger les affaires comme avant et où un mouvement social s’oppose à ses réformes et menace le système capitaliste-impérialiste. Pour Geoffroy Roux de Bézieux, président du MEDEF, les avantages du virage autoritaire pour la bourgeoisie sont clairs. Hier même il déclarait, à propos de la gestion de la crise sanitaire en Chine :

« On voit que face à une pandémie, un système autocratique semble pour le moment mieux armé pour bloquer une pandémie que ne le sont nos démocraties. En Chine, dimanche, on n’aurait pas laissé les habitants aller dans les parcs ou les marchés. Il faut réfléchir à la façon dont nos démocraties pourraient être collectivement plus efficaces ».

https://www.ouest-france.fr/economie/entretien-geoffroy-roux-de-bezieux-nous-avons-besoin-des-heros-quotidiens-de-l-entreprise-6784067

La bourgeoisie commence à préparer le terrain pour la mise en place de son programme maximum, et la classe ouvrière doit être en garde et prête pour les aiguës luttes de classe à venir.

Face à ces défis que nous impose le capitalisme-impérialisme, nous continuons à affirmer que la lutte à venir doit être menée contre le gouvernement Macron et la politique des monopoles qu’il applique, mais aussi contre le système capitaliste-impérialiste qui est responsable de la casse des services publics – la santé en première ligne – et donc de la situation de crise sanitaire dans laquelle nous sommes plongés aujourd’hui ! Pour une issue de la crise sanitaire favorable à la classe ouvrière et au peuple laborieux, nous exigeons dans l’immédiat :

  • La mise en place immédiate d’un confinement total avec fermeture inconditionnelle des centres de production et distribution non essentiels à la gestion réussie de la crise. Nous soutenons activement tous les travailleurs et travailleuses des secteurs non vitaux qui optent pour la grève et le droit de retrait pour faire prioriser leurs vies sur les profits capitalistes.
  • La saisie par le ministère de la santé des moyens et du personnel de la santé privée et leur mise à disposition pour le traitement de la pandémie. La saisie également de toute installation industrielle capable de produire du matériel sanitaire essentiel, et distribution gratuite à la population ainsi qu’aux hôpitaux, EHPAD et d’autres structures sanitaires.
  • Le maintien de 100% des contrats, le renouvellement automatique de tout CDD arrivant à terme pendant le confinement sans aucune réduction de salaire. Maintien de toute indemnité chômage et de toute retraite et l’établissement d’un minimum équivalent au SMIC.
  • Le maintien de tout salaire, avec des aides de l’État si besoin pour les petites entreprises issues de hausses d’impôts aux dividendes et aux profits du capital, ainsi qu’aux dépôts personnels et patrimoine des capitalistes.
  • L’établissement d’une aide de secours aux micro et auto-entrepreneurs issue des sources de financement mentionnées.
  • La hausse des cotisations sociales des grandes entreprises et monopoles capitalistes pour garantir le financement de la Sécurité Sociale, pour assurer son rétablissement de la crise sanitaire mais aussi sa viabilité future, très compromise par les politiques du capital

Et bien sûr, nous mettons en garde les jeunes travailleurs et travailleuses des luttes de classe aiguës que nous devrons affronter pendant et à la sortie de la crise sanitaire. Préparons-nous à la lutte ! Ne perdons pas de positions face au capital monopoliste !


Pas d’unité nationale avec les destructeurs de la santé publique et gratuite ! Pas d’unité de classe avec les fossoyeurs des services publics !
Préparons la contre-offensive en s’organisant dans les syndicats de classe, afin de mettre un barrage à l’offensive capitaliste de demain ! Organisons nous dans une organisation politique qui propose le renversement révolutionnaire du capitalisme-impérialisme ! Préparons la révolution socialiste ! Classe contre classe, rejoins le combat !

Nous partageons ici le communiqué des Jeunes Communistes des Bouches-du-Rhône, de Lyon et du Bas-Rhin :

http://www.jeunescommunistes13.fr/blog/pour-battre-le-virus-detruisons-le-capital.html