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Assurance chômage : que recherche le gouvernement ?

Juste après les confinements successifs, le « monde d’après », tant vanté par Emmanuel Macron au cours de cette période, continue de déverser son lot de mesures réactionnaires, autoritaires et antisociales pour les travailleurs et sa jeunesse. Une des dernières en date est la réforme de l’assurance chômage, dont certaines dispositions sont entrées en vigueur le 1er octobre dernier. C’est le cas du nouveau mode de calcul de l’allocation chômage, qui détermine le salaire journalier de référence (SJR) à partir du revenu mensuel moyen perçu sur une période de 24 mois (53 mois pour les plus de 53 ans). Enfin l’accès au chômage est conditionné à la nécessité d’avoir travaillé au moins 6 mois contre 4 précédemment. Cette réforme entrera complètement en vigueur le 1er décembre 2021 avec celle de la dégressivité des allocations au-delà du 6ème mois pour les salaires supérieurs à 4500 euros inclus. Reportée suite à la pandémie de Covid-19, la ministre du travail Elizabeth Borne a justifié l’entrée en vigueur progressive de cette réforme par le fait que l’économie « repart plus vite que ce [que le gouvernement] pensait. » « Aujourd’hui, les critères sont remplis, puisqu’on a eu un nombre très important d’embauches sur les quatre derniers mois et […] on est à près du double de la baisse qui était nécessaire pour que les deux dispositions rentrent en vigueur » argumente-t-elle. Plus qu’une opération de communication bien rodée, cela cache tout autre chose sur la politique voulue.

Selon les chiffres communiqués par Pôle emploi et le DARES pour le 3ème trimestre 2021, la catégorie A est en baisse de 5,8 % sur un trimestre et de 10% sur un an. Quant à elle, la catégorie B stagne avec moins de 0,1%. Cependant, les catégories C et D explosent respectivement à 6,5% et 13,8%. Pour rappel la catégorie A regroupe les personnes sans travail et à la recherche d’un emploi quel que soit le type de contrat, la catégorie B regroupe les personnes ayant exercé une activité réduite de 78 heures maximum par mois et tenues de rechercher un emploi, la catégorie C regroupe les personnes ayant exercé une activité réduite de plus de 78 heures par mois et tenues de rechercher un emploi et la catégorie D regroupe les personnes sans emploi mais non-disponibles immédiatement et donc non-tenues de rechercher un nouvel emploi car ils sont en formation ou encore en maladie, principalement. Tout cela s’accompagne d’une augmentation des radiations, suspendues pendant les confinements et qui reprennent de plus belle en 2021. Un chiffre inconnu reste le nombre de contrats salariés transformés en auto-entreprenariat forcé comme avec les livreurs de Stuart (filiale de la Poste) pour Monoprix. Cette timide amélioration économique se traduit donc par une accentuation de l’emploi précaire et l’orientation d’un grand nombre de travailleurs vers des formations sans aucune considération pour leur avenir professionnel.

Plus qu’une opération de communication, Emmanuel Macron et le gouvernement Castex poursuivent effectivement une politique de précarisation croissante de l’emploi en France. Avec le nouveau mode de calcul de l’allocation chômage allié au durcissement des conditions pour y avoir accès, les travailleurs au chômage vont voir le montant de leur allocation revue à la baisse et beaucoup d’entre eux seront obligés de se vendre à un nouvel employeur avec des salaires et des conditions de travail et de vie revues à la baisse. De plus, la mise en place de la dégressivité des allocations au-delà du 6ème mois pour les salaires supérieurs à 4500 euros inclus ouvre la voie à la dégressivité des allocations pour tous les travailleurs au chômage quel que soit le salaire, accentuant alors toujours plus la précarité des travailleurs au chômage.

Sous le mode de production capitaliste, le chômage, par la constitution d’une armée industrielle de réserve, est utilisé par le capital financier pour pressurer les salaires et les conditions de travail et de vie des travailleurs et de leurs familles. Pour la jeunesse travailleuse et étudiante, le capitalisme n’est pas la solution mais bien LE problème. Le capitalisme n’a à offrir que précarité, chômage, détresse économique des territoires, dégradation des écosystèmes et casse des services publics pour les jeunes générations. Pour en finir avec le chômage et la précarité, la nécessité du renversement révolutionnaire du capitalisme et la construction du socialisme-communisme par les travailleurs et la jeunesse travailleuse et étudiante unis dans la lutte est toujours plus actuelle.

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