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Référendum du 12 décembre 2021 en Kanaky : un moyen improbable d’accès à l’indépendance

Le dimanche 12 décembre 2021 se tiendra le troisième et dernier référendum visant à décider de l’accès à l’indépendance de la Kanaky Nouvelle-Calédonie, ou au contraire de son maintien sous le statut de collectivité française d’outre-mer.

Les composantes indépendantistes dans leur totalité ont annoncé leur non-participation à ce référendum. Parallèlement, le Sénat coutumier a demandé le report du vote afin de respecter le deuil kanak lié aux décès dus à la pandémie de Covid-19. Enfin, 150 ressortissants ont déposé un recours auprès du Conseil d’État dans le même but.

Pourtant, le gouvernement a pris la décision de maintenir la date du 12 décembre. Ce faisant, l’État français marque sa volonté de se débarrasser des votes kanaks et indépendantistes, servant son refus de poursuivre un réel processus d’indépendance qui mettrait les intérêts des monopoles français en péril, notamment dans le domaine de l’extraction des ressources minérales (nickel et cobalt principalement) dont le territoire regorge. Par ce biais, mais également par la politique de peuplement menée des années durant par l’État français, le peuple kanak se trouve totalement privé de son droit à l’autodétermination.

Dans la défense des intérêts économiques des monopoles français, l’État bourgeois ne peut que souhaiter poursuivre la colonisation française en Kanaky. Pour permettre au peuple kanak de recouvrer son indépendance mais également de bénéficier d’une décolonisation effective, il est nécessaire de mettre un terme à la domination de la classe bourgeoise et de renverser la machine d’État qu’elle utilise dans son intérêt propre au mépris des droits les plus fondamentaux et des intérêts les plus légitimes des peuples.

Nevine