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Renforcement de la protection des élus : la répression reste le choix favori de la bourgeoisie

L’examen du projet de loi « pass vaccinal » par les députés à l’Assemblée Nationale a engendré une recrudescence des menaces contre certains des élus et des actes de vandalisme sur leurs biens. Comme cela s’était produit cet été lors de l’examen par l’Assemblée du projet de loi concernant la mise en place du pass sanitaire, ce sont quasi-exclusivement des députés du groupe présidentiel La République En Marche qui ont été visés, et uniquement des députés favorables au projet en question.

À la suite de ces actions, la réaction du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin ne s’est pas faite attendre : en décembre il annonçait vouloir renforcer la protection des élus, notamment en systématisant l’intégration des domiciles et permanences des élus dans les patrouilles de police et de gendarmerie, ainsi qu’une veille accrue sur les réseaux sociaux afin de détecter et de signaler plus efficacement les « messages de haine ». Jean Castex expliquait pour sa part considérer que « s’agissant de dépositaires de l’autorité publique […] alors le recours à la violence, c’est la démocratie, le pacte républicain qu’il vient menacer ».

Plus menaçants donc les passages à l’actes (peu nombreux dans leur totalité) contre des élus ou leurs biens que l’adoption expresse d’un projet de loi portant création d’un pass vaccinal très controversé, dont l’intervention récente d’Emmanuel Macron sous-entendant que les personnes non-vaccinées ne seraient plus des citoyens. Les contestations dont fait l’objet ce pass vaccinal ne se limitent d’ailleurs pas aux individus non-vaccinés mais concerne bien un grand nombre de Français vaccinés : ces derniers prennent conscience qu’un tel texte les contraindrait à se soumettre au nombre de doses souhaitées par le gouvernement, sous peine de perdre leur statut de « vacciné » et toutes les libertés qui y sont associées.

Dans une dynamique semblable à celle observée lors des manifestations des Gilets Jaunes au plus fort du mouvement, la classe dominante accroît son recours aux forces répressives de police ou de gendarmerie, ainsi que de sa justice bourgeoise, pour rendre muette toute manifestation des conflits d’intérêts entre la bourgeoisie et le peuple-travailleur. La combinaison entre cette répression et un contrôle fort des médias a fait ses preuves ces dernières années : les élus sont victimisés, présentés comme des champions de la démocratie luttant au péril de leur sécurité, justifiant du même coup les violences étatiques qui ne toucheraient qu’une infime minorité de Français.

Cette réponse de la classe dominante à l’hostilité d’un nombre non négligeable de Français à l’instauration du pass vaccinal dévoile la dichotomie entre les aspirations de liberté et d’égalité du peuple-travailleur et les ambitions de classe de la bourgeoisie française. Son but est de continuer à exercer son pouvoir de façon discrétionnaire pour la défense de ses intérêts propres et de ses monopoles, fondamentalement opposés à une gestion rationnelle et à long terme de la crise sanitaire. Et donc fondamentalement opposés aux intérêts du peuple-travailleur.

Nevine