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Pandémie : plus que jamais, nous sommes exploités

La pandémie de Covid-19 aura été accompagnée d’une des plus grandes crises économiques qu’aient connues la France et le monde ces dernières décennies : chute des PIB des États et de leurs imports et exports, arrêt de nombreuses activités économiques, chômage de masse, endettements, hausse de la précarité et de la pauvreté… Nombreuses ont été les conséquences économiques de la pandémie de Covid-19, et bien sûr, ce sont les travailleurs et les secteurs populaires qui en ont le plus été victimes : chute générale de nos revenus, augmentation de nos difficultés à se nourrir, à se loger et même à accéder aux soins, licenciements et chômage de longue durée… La liste est longue de ce que nous avons subi et de ce que nous subissons encore depuis le début de la pandémie1.

Mais la pandémie aura malgré tout eu son lot de bénéfices économiques pour certains individus. C’est en effet pendant que 99 % de l’humanité subissait, d’une manière ou d’une autre, les conséquences économiques de la pandémie, que la totalité des milliardaires du monde se sont enrichis plus qu’ils ne l’avaient fait ces 14 dernières années, passant ensemble d’une fortune de 8 600 milliards de dollars à une fortune de 13 800 milliards de dollars2, soit une augmentation de plus de 5 000 milliards de dollars. Parmi eux, ce sont bien sûr les 10 individus les plus riches du monde qui en ont le plus profité, voyant leur fortune combinée plus que doubler, pour passer de 700 milliards à 1 500 milliards de dollars. À titre de comparaison, ces 10 individus ont désormais, à eux seuls, une fortune combinée supérieure à celle de la moitié de l’humanité, soit presque 4 milliards de personnes3.

Une crise économique bien relative, donc, que celle de ces dernières années. Une crise économique pour nous toutes et tous, qui connaissons encore plus la précarité, la pauvreté et la faim, mais une abondance économique pour une poignée de bourgeois qui sont maintenant encore plus à même de se construire de magnifiques yachts luxueux pour leurs vacances (des vacances entre quelle et quelle période de travail, pourrait-on aussi se demander). Pourtant, cette abondance économique, c’est bien nous qui en sommes la source : l’argent ne tombe pas du ciel, et quelle autre source à l’argent que le travail ? L’abondance économique des bourgeois est notre travail, leur prospérité est notre précarité.

De cette situation, ces bourgeois en ont une conscience plus qu’évidente, et ils feront tout pour en profiter au maximum. Mais si notre exploitation est leur plaisir, notre soulèvement est leur crainte, et la pandémie démontre qu’il est plus que jamais temps de se soulever ; se soulever pour mettre un terme à notre exploitation et pour récupérer ce monde qui est le nôtre, pour abattre définitivement ce système capitaliste qui leur permet si aisément de s’enrichir sur notre pauvreté et pour construire, ensemble, notre système socialiste, où le travail de chacun profitera à tous et celui de tous à chacun.

Rox


1 Voir, par exemple :

2 AHMED Nabil (dir.), Inequality Kills : The unparalleled action needed to combat unprecedented inequality in the wake of COVID-19, Oxfam International, Oxford, janvier 2022, 60 p.

3 Ibid.