Contribution du PCRF à la conférence de l’ACE sur le travail de ses partis membres au sein de la jeunesse

À retrouver en français sur le site du PCRF au lien suivant : https://pcrf-ic.fr/Conference-de-l-ACE-sur-le-travail
Et en anglais sur le site de l’ACE au lien suivant : https://www.eurcomact.org/m-article/Contribution-of-the-Communist-Revolutionary-Party-of-France-000
02/

Camarades,

Pour aborder la question de manière concrète, nous souhaitons revenir sur quelques caractéristiques de la jeunesse populaire en France. Aujourd’hui, à 21 ans, près de la moitié des jeunes ont arrêté leurs études, 28 % sont en emploi et 21 % sont au chômage ou inactifs, selon l’INSEE (institut officiel de sondage français), en 2020. Plus généralement, à partir de 20 ans, plus d’un cinquième des jeunes sont inactifs ou au chômage. Dans l’apprentissage tant vanté par la bourgeoisie, 40 % des apprentis sont soit sans CDI, soit au chômage 5 ans après leur contrat. Avec l’approfondissement de la crise du capitalisme et le chômage de masse, les fausses promesses de l’enseignement supérieur public et de ses opportunités se révèlent pour ce qu’elles sont : des compromis éphémères toujours à la merci de la classe exploiteuse. Près d’un quart des jeunes de 18 à 29 ans s’abstiennent à toutes les élections, et près de la moitié le feront lors des élections législatives anticipées de 2024. Un véritable fossé apparaît entre les jeunes et l’appareil d’État bourgeois français. Mais cet écart exprime bien plus une déception à l’égard du capitalisme et de ses institutions qu’une réelle conscience politique, encore balbutiante.

En effet, des obstacles majeurs se dressent sur la voie de l’organisation révolutionnaire de la jeunesse populaire. L’absence d’un parti révolutionnaire reconnu en France, suite à la dégénérescence du Parti communiste français (PCF) et aux racines profondes de l’opportunisme en France, a laissé un vide idéologique dans lequel se sont infiltrées les idées petites-bourgeoises, prenant la forme du pessimisme et de l’individualisme. Sans alternative révolutionnaire forte, la social-démocratie et les courants réformistes restent hégémoniques en France dans leur rôle de canalisateur et de désamorçage des prémices d’une conscience anticapitaliste potentiellement révolutionnaire chez les jeunes. On pense par exemple à La France Insoumise et à Jean-Luc-Mélenchon, dont le radicalisme est purement rhétorique (sur la Palestine notamment), mais aussi à la MJCF, affiliée au PCF, où de nombreux jeunes militants sont encore prisonniers de l’idée erronée qu’ils peuvent changer le PCF social-démocrate de l’intérieur, ou aux nombreuses organisations trotskistes présentes dans les universités.

Le PCRF étant un jeune parti fondé en 2016, il lutte donc pour le renforcement et la reconnaissance de son appareil comme celui d’un parti révolutionnaire d’avant-garde à l’échelle nationale. Cela implique un certain nombre de choses pour l’organisation de jeunesse en France pour assurer ce renforcement et cette reconnaissance.

Tout d’abord, la jeunesse de notre parti, l’Union de la Jeunesse Communiste (UJC), a été conçue depuis 2017 comme la stratégie du PCRF envers la jeunesse populaire : elle n’est pas une organisation séparée du PCRF mais autonome sur le plan organisationnel, sous le contrôle politique de son Parti. Il y avait deux raisons principales à ce statut particulier. Tout d’abord, afin de renforcer un nouveau Parti pour la classe ouvrière en France, il est nécessaire de former une nouvelle génération de militants pour devenir des cadres marxistes-léninistes au sein du PCRF. Afin de favoriser cette formation de cadres, la participation au travail du Parti permet directement l’autonomie et la compréhension de ses erreurs, ainsi qu’un accompagnement continu du Parti pour une bonne compréhension idéologique et politique du rôle d’un cadre du Parti.

Deuxièmement, il existe encore en France de nombreuses organisations de jeunesse, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du MJCF (Mouvement de la Jeunesse Communiste de France), et une des tâches de l’UJC est de les réunir sous ce nouveau parti léniniste, le PCRF. Pour mener à bien ce travail dans les meilleures conditions possibles, impliquant des débats publics, des rencontres bilatérales et parfois même des actions communes, il est indispensable que les jeunes militants de l’UJC le conçoivent dans un esprit de Parti. En effet, construire une organisation de jeunesse séparée ne contribuerait pas à faire comprendre le stade de développement du PCRF, la nécessité de construire le Parti comme tâche politique principale, tant dans son organisation interne que dans son travail politique avec les autres organisations de jeunesse.

C’est dans ces conditions particulières que travaille le PCRF au sein du mouvement populaire de jeunesse, dont les tâches centrales sont l’unité et la clarté idéologique autour du marxisme-léninisme comme vision du monde, ainsi que l’apprentissage politique par la pratique.

Les militants de l’UJC apprennent à travailler dans des commissions nationales en liaison avec les commissions du Parti, pour la propagande et la formation idéologique par exemple. Cette autonomie organisationnelle sous direction politique permet aux jeunes militants souplesse et initiative, tout en offrant un cadre clair et cohérent pour l’unité et l’organisation des futurs cadres. De la même manière, les militants de l’UJC travaillent aussi directement sous forme de cellules, de lieux d’études et d’entreprises, en liaison avec les fédérations du Parti lorsque celles-ci ont été créées.

L’une des pierres angulaires du travail du PCRF est donc le travail idéologique, notamment dans les conditions de développement d’un parti léniniste en France. Dans ce sens, l’UJC dispose d’une équipe dédiée à la formation idéologique de tous les militants. Cette équipe favorise la formation idéologique par plusieurs moyens. L’UJC travaille également à la création d’un guide de formation marxiste-léniniste, comme il en existe dans de nombreuses organisations et partis frères. Il constitue donc un outil de formation quotidienne que tous les camarades devraient étudier et que nous pourrons utiliser au quotidien en cas de problèmes ou de débats idéologiques. Dans le même sens, le prochain Congrès du Parti en juin 2025 a pour tâche de discuter et d’élaborer un petit Lexique de mots qui aident la classe ouvrière à comprendre la politique communiste du Parti.

Toujours dans une optique de formation idéologique, le Parti et l’UJC mettent en place des séances de travail locales en présentiel dans certaines localités. C’est l’occasion pour les camarades de se retrouver et de lire notre guide de travail ou des articles d’Intervention Communiste, la revue du PCRF, tous basés sur les luttes locales lors de séances de discussion. Cela permet de mettre en pratique et de comprendre les outils idéologiques de manière toujours plus forte, dans un cadre pratique privilégié.

Une autre façon importante d’organiser notre jeunesse est de créer des « fronts rouges » dans nos fédérations. Les fronts rouges se structurent autour des militants d’une fédération qui organisent un travail de première ligne en faveur de la social-démocratie. En créant des liens avec des associations de masse comme des organisations palestiniennes ou des syndicats, nous pouvons mettre en pratique notre ligne révolutionnaire. L’objectif est de travailler avec ces organisations pour mener des campagnes communes mises en place par le PCRF proposant des lignes de lutte qui ciblent le capitalisme et aident les gens à comprendre qu’il faut s’en débarrasser car il est la cause de toutes nos souffrances. Par exemple, une vaste campagne sur la lutte pour la paix et son lien avec l’anti-impérialisme est utilisée pour soutenir les occupations d’universités en 2024 pour la Palestine. Les fronts rouges organisent également des cortèges de manifestants indépendants ouvertement opposés à la social-démocratie. Dans cette mesure, les fronts rouges sont une forme de lutte qui s’inscrit dans notre tactique de classe contre classe et qui permet, avec l’aide des militants et des cadres du parti, de comprendre la spécificité d’un parti communiste face aux partis sociaux-démocrates dans la pratique, à l’aide du matériel du parti et de ses slogans basés sur l’expérience même des masses.
 
Ils ont pour but de créer un lien entre les luttes, mais ils ne peuvent être plus efficaces que si le travail cellulaire existe parallèlement aux luttes en question. Ces « fronts rouges », à la différence des fronts électoraux sociaux-démocrates, fonctionnaient aussi en reliant ces fronts tactiques flexibles aux cellules d’entreprise du parti, permettant ainsi aux jeunes militants d’assimiler la centralité de la classe ouvrière, seule classe capable de résoudre les problèmes de la jeunesse.

La cellule se structure dans un lieu de travail ou d’études et constitue une des formes de lutte que nous promouvons dans notre parti et sa jeunesse. Une cellule se crée quand au moins trois camarades s’organisent pour la lutte dans un lieu de travail, d’études ou de vie, même différent du leur, où les camarades lancent une implantation partisane. Plus spécifiquement pour les jeunes, une cellule peut par exemple s’organiser dans une université ou un CFA (centre de formation des apprentis ouvriers en France) et y mener des luttes pour les étudiants. La démocratie directe est ainsi mise à l’épreuve de manière concrète, au-delà des urnes, et s’oppose par nature à la démocratie sociale dans une perspective tactique liée à la question stratégique.

Les problèmes des jeunes sont liés à bien des égards à ceux de la classe ouvrière et des couches populaires. Par conséquent, les jeunes ne peuvent pas lutter seuls contre les attaques du capital, mais doivent lutter ensemble avec la classe ouvrière et les couches populaires contre la dictature des monopoles. Les communistes s’opposent fermement à la propagande bourgeoise qui parle de « conflit de générations ». Ce ne sont pas les personnes âgées qui vivent aux dépens des jeunes, ou vice versa. C’est le capital qui vit aux dépens de la jeunesse, de la classe ouvrière et des couches populaires. Les jeunes n’ont pas d’intérêts particuliers, distincts de ceux du reste de la classe ouvrière. Aujourd’hui, les jeunes sont confrontés à une nouvelle guerre impérialiste en Europe et peuvent jouer un rôle crucial dans la lutte des peuples contre les guerres impérialistes et leurs causes. Les jeunes sont uniques en ce sens qu’ils ont tout leur avenir devant eux et aspirent à prendre en charge leurs propres affaires. Ils ont un appétit particulier pour les droits et les luttes démocratiques.

Sous l’impérialisme, la contradiction entre la démocratie formelle, limitée, des capitalistes et les aspirations des jeunes et des travailleurs à la démocratie pour eux-mêmes, à gérer leur vie quotidienne et leur avenir à tous les niveaux, s’accroît. Cette privation de droits démocratiques, dont les jeunes et les travailleurs sont victimes de l’école à l’université, de l’entreprise à l’État, en passant par la municipalité, signifie que les communistes ont pour tâche de faire en sorte que les luttes pour les droits et les libertés démocratiques se fondent sur de fortes aspirations à la participation et à la transparence des affaires publiques. De ce point de vue, les communistes ont la double mission et responsabilité de défendre, développer et consolider toutes les formes de démocratie directe à la base (conseils, comités, etc.), et aussi de se servir de ces mêmes aspirations comme point de départ pour montrer que la démocratie bourgeoise est la démocratie des propriétaires du capital, la négation de la démocratie pour les jeunes et les travailleurs. De nombreux jeunes sont en dehors de l’organisation collective et sociale du travail, ou au mieux partiellement. Cela favorise naturellement les tendances petites-bourgeoises telles que l’idéalisme, la surestimation de la seule lutte idéologique, le pédagogisme, l’objection de conscience et l’anarcho-syndicalisme.

Mais avec leur parti communiste et les organisations du mouvement ouvrier ou populaire, les jeunes commencent à acquérir un comportement organisé et discipliné sur leurs lieux de travail, à l’université, à l’école et dans la rue. Les jeunes acquièrent ainsi l’élan et la possibilité de donner une nouvelle force à la lutte de la classe ouvrière pour l’amélioration de sa situation sociale immédiate et pour une société libérée de l’exploitation, pour le socialisme-communisme.