
Mourir au travail peut être vu comme un vieux souvenir du 19ème siècle, des patrons aux chapeaux hauts-de-forme faisant travailler les enfants dans les mines sans droits du travail ni droit syndicaux. Pourtant, il ne s’agit que d’un effet de l’idéologie dominante : la mort au travail est une réalité quotidienne aujourd’hui en France. Chaque jour, ce sont en effet deux personnes qui meurent au travail en France, l’un des taux les plus élevés dans toute l’Europe. Dans le seul secteur de la construction, c’est un travailleur ou travailleuse qui meurt chaque jour, et un accident grave qui est déclaré toutes les cinq minutes. Des chiffres alarmants et pourtant encore sous-estimés : par exemple, ils ne comptent pas les morts indirectes à cause du travail, comme les maladies professionnelles.
Aujourd’hui, les patrons n’ont plus de chapeaux hauts-de-forme mais du matériel numérique dernier cri permettant de toujours plus contrôler et cadencer les travailleurs et les travailleuses, le droit du travail et les droits syndicaux étant dans le même temps toujours plus attaqués.
Ce 1er mai 2025 se tiendra dans une période sombre pour la jeunesse populaire : la bourgeoisie mène une offensive sociale et politique de tous les côtés afin de pallier la crise sociale dont la crise parlementaire et politique n’est qu’une expression. Comme le rappelle également cet article, combattre la crise sociale et politique ce 1er mai 2025 ne pourra se faire sans viser la classe capitaliste et son État, véritable outil par lequel la classe capitaliste organise politiquement et idéologiquement l’exploitation pour ses monopoles.
Ce 1er mai 2025, l’UJC sera dans la rue partout en France afin de défendre la reconstruction d’un Parti de combat par son Parti, le Parti Communiste Révolutionnaire de France (PCRF), pour nos camarades morts à cause du capitalisme et de son État, pour l’organisation de notre classe jusqu’à la victoire !
Pour un 1er mai révolutionnaire : jeunesse populaire, organise ta colère !
« Parmi les bilans tirés des Jeux olympiques, celui établi par un certain Bernard Thibaut, ex-SG de la CGT reconverti en « coprésident du Comité de suivi de la charte sociale des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 », se réjouissait que « les 25,8 millions d’heures de travail accomplies depuis 2017 [aient] donné lieu à 181 accidents, une trentaine d’accidents graves et aucun accident mortel ». Cette satisfaction affichée quant à l’absence d’accident mortel sur les chantiers des JO ne met que mieux en évidence le scandale d’une réalité connue concernant les accidents et morts de travailleurs : en France, en 2022, on a compté plus de 564 000 accidents du travail, parmi lesquels 738 mortels ; chiffre correspondant à deux décès par jour en moyenne, en hausse de 14% sur un an. Selon le classement établi par Eurostat en 2021, la France apparaît ainsi comme le quatrième pays le plus touché par la mort au travail, derrière la Lettonie, la Lituanie et Malte. En prenant l’exemple du chantier du « Grand Paris Express », la Cour des Comptes évoquait la mort de cinq travailleurs, et entre juin 2022 et juin 2023, «115 accidents sans arrêt et 205 accidents avec arrêts comptabilisés », ciblant la Société du Grand Paris, donneuse d’ordre, pour son « déficit de contrôle des obligations de sécurité mises en œuvre par les entreprises et les sous-traitants ».
La question des accidentés et morts au travail est donc toujours à l’ordre du jour. Et avec cette question, celle des causes de ces accidents, dont la principale, à savoir l’exploitation subie au quotidien par les ouvriers. Souvent, les accidents sont le symptôme d’un manque de formation, d’équipements obsolètes ou d’un temps de travail qui s’allonge de plus en plus. Les règles qui existent, arrachées par les luttes ouvrières, sont au mieux insuffisantes pour préserver vraiment la santé des travailleurs, au pire non respectées par les exploiteurs.
En tout état de cause, le maintien d’un nombre élevé de morts au travail ne peut pas être dissocié des conditions de travail systématiquement en recul. Les casses successives du Code du travail ne font qu’amplifier ce phénomène, en particulier pour les plus précaires tels que les apprentis et ou pour les intérimaires, qui peuvent voir leur contrat révoqué à tout moment. Cette épée de Damoclès au-dessus de la tête de ces travailleurs les pousse à accepter des conditions de travail toujours plus dangereuses et illégales.
La bourgeoisie a besoin de toujours plus rogner sur nos conditions de travail et sur notre sécurité pour élargir ou conserver les profits de ses monopoles ; c’est donc seulement en établissant un rapport de force solide entre travailleurs et bourgeoisie que nous pourrons stopper ce processus, et cela passe par le fait de nous organiser pour pouvoir refuser collectivement notre mise en danger dans l’intérêt seul de la bourgeoisie et de ses profits.
Cette mise en danger de la santé et de la vie des travailleurs résulte du fonctionnement « normal » du capitalisme : la loi de la tendance à la baisse du taux de profit est un concept central dans l’analyse marxiste du capitalisme. Cette loi, élaborée par Marx dans le troisième volume du Capital, montre que, malgré les efforts des capitalistes pour augmenter les profits, le taux de profit tend à diminuer au fil du temps. Cette tendance a des implications profondes sur les conditions de travail et la sécurité des travailleurs, notamment en ce qui concerne les accidents et les décès au travail. En effet, cherchant à maintenir leurs profits coûte que coûte, les capitalistes adoptent des stratégies visant à maximiser la survaleur extraite des travailleurs. Cela implique souvent une intensification du travail, des allongements des heures de travail, et une réduction des coûts. Les capitalistes poussent les travailleurs à produire davantage en augmentant les cadences et les exigences de performance, et en réduisant les pauses.
La réduction des coûts de sécurité et d’entretien est une méthode courante pour augmenter les marges bénéficiaires. Moins de dépenses en matière de sécurité et de santé conduisent à des environnements de travail de plus en plus dangereux, où les risques d’accidents et de décès augmentent. Cela inclut des économies sur les équipements de protection, sur la formation en sécurité, et sur les pratiques d’entretien préventif. Le résultat est une augmentation des risques associés aux tâches de travail, des équipements défectueux, et des environnements de travail dangereux. Les accidents résultant de ces négligences sont souvent la cause directe des décès au travail. Ces risques ne sont pas concentrés sur le lieu de travail, ils peuvent se poursuivre chez les travailleurs par l’exposition à des substances dangereuses, ou par des heures de travail supplémentaires qui peuvent nuire à la santé des travailleurs toute leur vie.
Si nous nous tuons au travail pour la bourgeoisie et ses profits, la seule solution définitive est politique : le renversement révolutionnaire de la classe bourgeoise, garantissant l’abolition de la loi du profit, fondement du système capitaliste, et son remplacement par un système fondé sur la socialisation des moyens de production et d’échange.
En mettant l’accent sur les propriétés collectives et sociales, sur la démocratie au travail, et sur l’investissement dans la sécurité et la prévention, le socialisme cherche à créer des environnements de travail plus sûrs et à réduire les risques de décès au travail. Sous le socialisme, les moyens de production sont détenus collectivement via la communauté ou l’État, plutôt que par des individus privés. Cette propriété sociale ou collective réduit les incitations à minimiser les coûts de sécurité pour maximiser les profits. Les bénéfices de la production sont redistribués de manière équitable, ce qui crée des incitations pour investir dans des conditions de travail sûres et des équipements modernes. L’objectif est de promouvoir le bien-être général plutôt que de maximiser les profits individuels privés.
Par ailleurs, le socialisme favorise une plus grande démocratie au sein des lieux de travail, ce qui implique une participation accrue des travailleurs à la gestion et aux décisions relatives à leur environnement de travail. Cette démocratie permet aux travailleurs de faire valoir leurs préoccupations en matière de sécurité. La participation des travailleurs dans les processus décisionnels assure que les normes de sécurité et les conditions de travail seront adaptées aux besoins réels et à l’expérience concrète vécue par les salariés.
Cette réorganisation vise à transformer les conditions de travail de manière à ce qu’elles reflètent les valeurs de justice sociale et de solidarité plutôt que les exigences impitoyables du capitalisme. Il faut tendre vers un travail où la sécurité et le bien-être des travailleurs sont des priorités, et où la collectivité dépasse la course au profit.
Une seule solution définitive : la planification et la nationalisation des moyens de production.
Renversons l’État capitaliste, inégalitaire et criminel !
Abattons l’orchestration de la mort des travailleurs et luttons pour un travail émancipateur, sécuritaire et démocratique, avec le socialisme – communisme ! »
