Fascisation, répression, dissolution : non à la dissolution d’Urgence Palestine et de la Jeune Garde ! — Communiqué du Secrétariat de l’UJC

La répression contre le mouvement de solidarité avec la lutte du peuple palestinien s’intensifie et prend différentes formes en France : persécution de syndicalistes, procès en « apologie du terrorisme », jusqu’à la présente demande de dissolution de « Urgence Palestine », l’une des organisations de masse les plus investies en France depuis octobre 2023 pour la résistance du peuple palestinien. Cette demande de dissolution accompagnée de celle de la « Jeune Garde », l’une des organisations de masse les plus actives dans l’organisation de l’antifascisme populaire, ne sont pas des actions isolées ou des “coups de folie” du ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau ni une bascule nette et mécanique dans un régime « d’extrême-droite ».

Ces demandes de dissolution viennent s’inscrire dans la crise sociale que traversent les monopoles français, en recul depuis un an au sein de l’impérialisme, le capitalisme internationalisé des monopoles. Cette crise produit son reflet politique de crise parlementaire. La bourgeoisie française est aux aguets, tentant par différentes manœuvres de jauger le niveau des luttes de classes ainsi que la sortie parlementaire qui en sera la plus efficace, afin de réprimer et canaliser les aspirations politiques populaires.

Il est donc plus que jamais nécessaire de défendre toute organisation de masse impliquée dans les luttes concrètes de la classe travailleuse et des secteurs populaires menacée de dissolution afin d’élever le rapport de forces à la base et en toute autonomie des directions sociales-démocrates. Il est également indispensable de rappeler et faire valoir qu’aucun cadre démocratique tenable n’est possible dans le cadre de l’État capitaliste, puisqu’il n’est qu’un outil de la classe dominante pour, justement, réprimer la classe travailleuse et ses organisations.

Les monopoles français et leur État n’offrent à notre jeunesse que la répression de nos luttes et la dissolution de nos organisations : dans la lutte antifasciste, c’est donc cet État et sa classe que nous visons !


« Ce mardi 29 avril, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau annonçait une procédure de dissolution de la « Jeune Garde », organisation de l’antifascisme populaire. Le mercredi 30 avril, ce fut « Urgence Palestine », l’une des organisations de masse les plus investies et massives dans le mouvement de solidarité à la résistance du peuple palestinien en France depuis octobre 2023. Ces deux procédures furent accompagnées d’une dernière visant le groupe fascisant « Lyon populaire », mais ne nous leurrons pas : il ne s’agit que d’une caution au vu de la très faible implantation de ce groupuscule comparativement aux autres afin d’attaquer la Jeune Garde et Urgence Palestine.

Ces procédures de dissolution interviennent dans un contexte de crise de l’impérialisme mondial jouant en défaveur du capital français depuis l’an passé. En effet, les contradictions inter-impérialistes avec la Chine s’aiguisent dans un large redéploiement tactique au coude à coude en Françafrique, tandis que la guerre commerciale nécessite compromis et négociations âpres entre différents monopoles. En Europe, les profits à retirer de la guerre impérialiste en Ukraine continuant d’être source de confrontations bourgeoises, la bourgeoisie française tentant de gagner l’ascendant sur l’Allemagne et l’Italie au sein du cartel impérialiste qu’est l’UE. L’UJC et son parti, le PCRF, ont souligné tous ces aspects dans leurs analyses et actions depuis juin 2024 et la dissolution de l’Assemblée nationale, dont cet épisode confirme encore une fois que la crise parlementaire et politique continue depuis l’an passé et exprime cette crise sociale. Également la guerre commerciale s’intensifiant dans l’impérialisme mondial, les bourgeoisies nationales dont la bourgeoisie française tentent de concentrer leurs forces de travail exploitées sur le territoire national pour mieux les contrôler en cas de guerre comme continuation de la politique de guerre commerciale. Dans cette compréhension des luttes de classes de l’impérialisme, la bourgeoisie française s’assure de museler les masses populaires en France qui augmentent numériquement.

En effet, les monopoles français cherchent par leurs manœuvres juridiques, comme la dissolution de l’Assemblée nationale et ces procédures répressives présentes, à augmenter le niveau d’offensive dans les luttes de classes afin de trouver le meilleur parti bourgeois qui pourra représenter ses intérêts. Dans ce cadre la bourgeoisie monopoliste française vérifie et évalue la bonne disposition et attachement à ses intérêts du personnel parlementaire attaché aux différents partis bourgeois. Il ne s’agit donc ni d’un épiphénomène, ni d’un « saut fasciste » : nous nous trouvons dans l’aggravation continue de la fascisation d’État et de la crise de son appareil parlementaire, cherchant à s’adapter à la crise sociale et politique en cours afin de réfréner les aspirations de notre classe et de la jeunesse populaire. L’UJC et notre parti le PCRF avons toujours notifié cette aggravation, n’étant pas nouvelle ni récente, et avons toujours notifié que la fascisation ne veut pas dire mécaniquement le fascisme en ce que la fascisation est l’accumulation de lois d’exception et de violations de la démocratie bourgeoise par la bourgeoisie elle-même en cas de crise aggravé du capitalisme à son stade impérialiste, soit le capitalisme de monopoles partout dans le monde. Le fascisme est la dictature terroriste choisie par toute la bourgeoisie contre les masses populaires en cas de situation révolutionnaire nationale et surtout internationale, comme nous l’avons connu et vaincu au siècle dernier. À l’heure où nos monopoles s’engagent dans une économie de guerre, axe politique central pour notre bourgeoisie aux côtés, notamment, du capitalisme vert et des nouvelles technologies, il est d’autant plus crucial de se mobiliser contre toute mesure répressive afin d’élever le niveau des luttes de classes en notre faveur.

Aucun parti bourgeois parlementaire quel qu’il soit ne pourra résoudre cette situation ni ces attaques et dissolutions sur le long terme : l’État bourgeois est l’appareil de dictature de la bourgeoisie contre les masses populaires, il ne peut pas être l’arme des masses populaires contre la bourgeoisie. Les partis parlementaires, même de gauche ou « d’ultra gauche » sont engagés dans la voie de la conciliation avec le capital par le parlementarisme. Ces partis bourgeois expriment les intérêts de la bourgeoise selon différentes modalités mais ne répondent pas à 100% au aspirations des masses exploitées. Ce n’est que par le niveau des luttes à la base, dans nos entreprises et lieux d’étude, que nous pourrons faire reculer le capital à l’heure où il cherche à instaurer ses représentants les plus adaptés et créer un rapport de force en sa faveur. Ces luttes par la base et à la base doivent être coordonnées, unifiées et massifiées contre notre ennemi commun, source de tout nos maux : la capitalisme, sa classe et son État. Ni les élections de 2027, ni les partis bourgeois dont ceux du Nouveau Front populaire ne nous défendront : c’est à nous, la classe travailleuse, de le faire !

Non à la dissolution d’Urgence Palestine et de la Jeune Garde !

Aucun parti bourgeois ne doit être à notre direction : dans la lutte antifasciste, c’est tout l’État et sa classe que nous visons ! »